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Échange sur l’engagement démocratique

mai 13, 2020

Nous nous sommes entretenus avec John Beebe du Democratic Engagement Exchange de la Faculté des arts de l’Université Ryerson sur la façon dont l’écoute est la clé de la croissance du secteur de la démocratie. Ne manquez pas leur série virtuelle « Democracy Dialogues ».

 

Parlez-nous du Democratic Engagement Exchange. Comment décririez-vous son objectif et qu’est-ce qui le rend unique ?

Notre objectif est de construire une démocratie dynamique et inclusive à laquelle tous les habitants du Canada peuvent contribuer. Rendre notre démocratie plus résistante nécessite un effort intersectoriel, mais ce type d’engagement n’est pas nécessairement au cœur de la mission des organismes à but non lucratif, des universités et des collèges, ni même des agences gouvernementales. Ce qui rend The Exchange unique est que nous fournissons des formations et des outils accessibles à ces organisations pour les aider à engager les communautés sous-représentées dans notre démocratie. Nous devons faire participer tout le monde au processus de prise de décision.


Nous trouvons tous différentes façons de faire face à la pandémie mondiale. Quel est l’élément clé de la réponse apportée par le Democratic Engagement Exchange à cette crise? 

Les gens se soucient davantage des questions plus larges de changement des systèmes qui ont été rendues évidentes et qui sont devenues une priorité en raison de la pandémie. L’accent est clairement mis sur la capacité de nos systèmes de santé et économiques à répondre à la crise immédiate. Nous avons lancé la série virtuelle Democracy Dialogues afin de mettre en évidence les dimensions politiques de l’impact de la pandémie sur nos vies. La pandémie crée de nouveaux défis et de nouvelles possibilités de réforme dans nos systèmes démocratiques. Cette série réunit des universitaires et des praticiens éminents et examine la manière dont les décisions sont prises, les inégalités flagrantes de pouvoir, la manière dont les gens organisent leurs communautés, et même la manière dont nous élisons les dirigeants pendant cette crise.


Selon vous, quel est le plus grand défi que doit relever la démocratie canadienne ? Comment contribuez-vous à relever ce défi et quelles solutions proposez-vous ?

Désengagement et complaisance. Avec raison, beaucoup de gens ne s’intéressent pas aux leviers traditionnels de prise de décision parce qu’ils sont intentionnellement laissés en dehors du processus. Cela signifie que les solutions à nos problèmes de politique publique les plus urgents ne sont pas conçues pour eux. Notre solution consiste à travailler avec des organisations communautaires de confiance, des universitaires de renom et des fonctionnaires engagés afin de créer des voies plus solides pour l’expression institutionnelle de l’opinion (c’est-à-dire le vote) et de soutenir les pratiques d’engagement démocratique au niveau communautaire qui favorisent une prise de décision inclusive. 


Pourriez-vous nous faire part d’une idée ou d’une initiative qui vise à augmenter l’engagement civique ou de la participation démocratique et qui vous inspire, que ce soit lié à votre organisme ou à quelque chose que vous observez dans le secteur. 

La bibliothèque publique de Halifax mérite une mention à cet égard. Lors des élections fédérales de 2019, ils ont organisé des « Vote PopUps » dans toute la ville et se sont réellement appropriés cette initiative. Ils ont fait des notes autocollantes « Pourquoi voter » et ont même organisé des « Vote PopUps » dans les épiceries. C’était la première fois que cela se faisait ! Les bibliothèques publiques n’ont jamais pris part activement à l’engagement des électeurs, mais elles ont été de grandes alliées dans ce travail et l’ont vraiment porté à un niveau supérieur. Elles sont un partenaire naturel puisqu’elles sont fiables, neutres et au service de diverses communautés. Elles sont également expertes en matière d’apprentissage ouvert et accessible. Nous sommes ravis d’avoir des bibliothèques publiques comme partenaires dans tout le pays.


Parlez-nous de la façon dont Democratic Engagement Exchange rend son travail plus inclusif et développe l’engagement avec différentes communautés. Avez-vous des conseils ou des leçons à partager avec d’autres personnes du secteur sur la réduction des obstacles à la participation ?

Notre travail est axé sur le niveau national. Nous ne sommes pas nous-mêmes une organisation de première ligne, mais nous avons l’intention, dans nos relations, d’avoir un champ d’action aussi large que possible. La Canadian Vote Coalition compte des représentants de chaque province et territoire, ainsi que d’une grande variété de sous-secteurs qui servent tous des communautés diverses, comme les cliniques d’aide juridique, les centres alimentaires communautaires et les organismes d’établissement pour nouveaux arrivants. Notre premier conseil est d’écouter. Écoutez vos partenaires. Écoutez votre communauté. Lorsque nous nous engageons avec des personnes de la communauté, nous commençons par une question « Qu’est-ce qui compte pour vous ? Notre but n’est pas de faire avancer un programme politique particulier, amis plutôt de soutenir les communautés afin qu’elles puissent mieux utiliser le pouvoir dont elles disposent pour créer des solutions qui leur conviennent.


Chez Democratic Engagement Exchange, avez-vous des demandes spécifiques pour le secteur, que ce soit des facettes où vous avez besoin d’aide, des problèmes que vous essayez de résoudre ou des souhaits que vous avez ?

Le secteur de la démocratie est très petit au Canada, mais tous les Canadiens comptent sur une démocratie dynamique et inclusive et en tirent profit. Que vous vous efforciez de relever les défis liés au changement climatique ou que vous vous inquiétiez de savoir si vos enfants reçoivent une éducation décente, une démocratie saine est fondamentale. En tant que secteur, nous devons nouer des alliances et plaider en faveur d’une démocratie active.  Et bien que nous ne puissions pas attendre de nos alliés qu’ils se détournent de leur mission essentielle qui consiste à répondre aux besoins fondamentaux, nous devons trouver des moyens de mobiliser des partenaires au-delà du « secteur de la démocratie » restreint pour engager activement la démocratie.

 

La mission du Democratic Engagement Exchange est de construire une démocratie dynamique et inclusive, où chaque personne qui vit au Canada peut apporter sa contribution. Ensemble, nous pouvons bâtir des communautés saines et trouver des solutions à nos problèmes les plus urgents. Pour trop de Canadiens, notre démocratie ne fonctionne pas. Un tiers des Canadiens déclarent ne jamais parler de politique. Lors des dernières élections fédérales, huit millions d’électeurs canadiens ont choisi de ne pas voter. Suivez @RUEngageX sur les réseaux sociaux. 

 

Nous vivons un moment sans précédent pour la démocratie au Canada. Nous avons donc créé Sector Spotlight pour découvrir comment les principaux acteurs y réagissent. Nous espérons ainsi soutenir le partage des connaissances et susciter de nouvelles connexions en dressant le portrait d’un large éventail d’initiatives de partout au pays. Vous avez des idées pour notre prochain Sector Spotlight? Contactez-nous!

John Beebe

Directeur de The Democratic Engagement Exchange

John Beebe est le directeur de The Democratic Engagement Exchange. Sa passion pour l’engagement démocratique a débuté alors qu’il traversait l’Amérique du Nord à vélo, lorsque des étrangers de tous horizons, prenant pitié de cet adolescent en sueur, ont ouvert leur maison et partagé avec lui un peu de leur vie. Depuis lors, John a eu l’occasion de travailler pour le Congrès américain et de travailler pour des organisations comme le Samara Centre for Democracy ainsi que Pathways to Education. À travers ces expériences, John est continuellement rappelé de la sagesse qui réside dans nos communautés lorsque nous saisissons l’occasion de nous engager et d’écouter. Vous pouvez le contacter à l’adresse suivante: john.beebe@ryerson.ca.