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Ryerson Leadership Lab

septembre 25, 2020

Karim Bardeesy et Braelyn Guppy sur comment saisir des opportunités de mobilisation pendant une pandémie.

Parlez-nous du Ryerson Leadership Lab. Comment décririez-vous son objectif et ce qui le rend unique ?

Le Ryerson Leadership Lab est un groupe de réflexion orienté vers l’action qui travaille à l’intersection entre les politiques publiques et le développement du leadership pour faire progresser nos défis civiques les plus urgents. Grâce au développement du leadership, à la mobilisation civique et à l’activation des politiques et de la recherche, nous construisons une nouvelle génération de dirigeants et de créateurs de changement compétents et adaptifs, à tous les âges et à tous les stades, pour créer une société plus fiable et plus inclusive. 

Nous aspirons à cultiver le pouvoir et la connaissance et à les relier au pouvoir existant. Nous espérons développer la capacité à apporter des changements durables et trouver des lieux d’action directe sur les questions qui nous concernent tous. Nous sommes l’un des seuls groupes de réflexion canadiens qui travaille, dans cet espace hybride, à combiner le besoin de recherche, de leadership et de connaissance en matière de politiques publiques pour apporter créer du changement. 

Nous naviguons tous de différentes manières face à la pandémie mondiale. Quel est l’élément clé de la réponse du Ryerson Leadership Lab à la crise ?

Lorsque la pandémie a commencé à prendre toute sa force et que des mesures de distanciation physique ont été mises en œuvre, nous avons fait de notre mieux pour nous orienter vers de nouveaux courants d’engagement et d’activation. Voici deux exemples de travaux que nous réalisons de manière innovante au Ryerson Leadership Lab.

En collaboration avec le Brookfield Institute for Innovation and Entrepreneurship et Matthew Mendelsohn, nous avons lancé First Policy Response, un projet qui rassemble les meilleures idées de politiques publiques sociales et économiques pour nous maintenir à flot pendant la crise actuelle et pour nous préparer à une reprise équitable. Par ce biais, nous avons partagé des commentaires originaux visant à évaluer les lacunes et les possibilités pour les gouvernements et les institutions de fournir des programmes plus favorables aux Canadiens. Nous avons élargi la conversation en organisant des assemblées publiques participatives en ligne auxquelles ont participé des penseurs et des praticiens de premier plan ainsi que des gens de partout au Canada. Récemment, First Policy Response a créé un fonds visant à permettre aux personnes appartenant à ces groupes de mieux présenter leurs idées et leurs contributions, en accordant la priorité aux écrivains et contributeurs Noirs et autochtones. Le fonds soutiendra également les écrivains et les contributeurs d’autres groupes sous-représentés, notamment les personnes de couleur, les personnes handicapées, les jeunes ainsi que les chômeurs ou les personnes à faible revenu. Nous avons immédiatement constaté une augmentation du soutien et l’émergence d’une communauté politique plus forte et plus connectée. Ce soutien s’appuie sur l’objectif commun du Leadership Lab et de First Policy Responses, c’est-à-dire amplifier la diversité des idées en matière de politiques publiques et amplifier les voix qui se trouvent en première ligne de l’élaboration de politiques inclusives.

Nous avons également lancé le Cybersecure Policy Exchange, une nouvelle initiative visant à faire progresser les politiques publiques efficaces et innovantes en matière de cybersécurité et de confidentialité numérique en partenariat avec Rogers Cybersecure Catalyst, propulsé par RBC. Nous en avons devancé le lancement pour répondre à la crise en organisant un certain nombre de conversations vidéo portant sur les problèmes urgents en matière de cybersécurité créés ou exacerbés par la COVID-19, dont la fracture numérique et la protection de la vie privée dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Nous avons également lancé notre rapport inaugural, The Race to Trace, qui porte sur la sécurité et la confidentialité des applications de recherche de contacts. Ce dernier comporte notamment un sondage mené auprès de 2 000 Canadiens ainsi que cinq recommandations essentielles que le gouvernement devrait mettre en œuvre dans toute stratégie nationale de recherche de contacts. Nous avons également lancé notre agenda de politiques publiques, qui souligne l’urgence d’une nouvelle politique en matière de cybersécurité et de confidentialité numérique. Nous présentons également trois technologies à fort impact sur lesquelles nous concentrerons nos recherches cette année : les plateformes de médias sociaux, « l’Internet des objets » et la biométrie. 

Grâce à ces deux initiatives, nous avons pu constater le pouvoir du partage des connaissances entre les communautés et la diffusion rapide d’idées accessibles et créatives. Il est clair que les gens peuvent être éloignés les uns des autres, mais ils ne sont pas déconnectés. Au contraire, ils sont avides de possibilités d’activation, de politiques orientées vers l’avenir et de conversations axées sur l’action concernant les défis urgents auxquels nous faisons face.  

Selon vous, quel est le plus grand défi que doit relever la démocratie canadienne ? Comment relevez-vous ce défi, quelles solutions proposez-vous ?

Nous avons un déficit de confiance en nos institutions publiques. Partout au pays, les Canadiens se sentent déconnectés des systèmes qui représentent les communautés et qui gouvernent les intérêts du public. Nos institutions ont été créées pour éliminer les obstacles à l’accès, pour promouvoir la cohésion sociale et pour représenter les personnes qu’elles servent dans l’élaboration de leurs politiques. Sans la confiance inhérente en le fait que le bien public est au cœur de chaque décision institutionnelle, les citoyens se sentiront coupés des systèmes démocratiques.

Nous devons rétablir la confiance à tous les niveaux. En nous réunissant autour d’enjeux et de politiques publiques, nous pouvons favoriser l’engagement civique, l’action politique et la mobilisation des communautés. Pour rétablir la confiance, il faudra une immense collaboration et une meilleure compréhension entre les communautés afin d’élever les priorités de notre future société. Plusieurs hypothèses de base doivent être formulées. D’abord, la société dans son ensemble doit cultiver cette conviction inhérente que le gouvernement et ses systèmes sont bons – peut-être imparfaits – mais fondamentalement conçus pour soutenir leurs électeurs. Deuxièmement, nous devons faire participer et écouter les groupes, comme les jeunes, les communautés noires et autochtones, notre population vieillissante, qui se sont sentis exclus ou brimés dans leur participation aux processus démocratiques qui sont censés les servir. Si nous parvenons à mobiliser les connaissances, les communautés, la recherche et l’appétit de changement, nous assisterons à un mouvement sur nos enjeux civiques les plus urgents et nous réussirons à instaurer la confiance par la voie de l’action.

Pourriez-vous partager une idée ou une initiative liée au renforcement de l’engagement civique ou de la participation démocratique qui vous inspire ? Cela pourrait être lié à votre travail ou à quelque chose que vous voyez se produire dans le secteur. 

Je suis constamment inspirée. Des coalitions de communautés travaillent aux premières lignes de la démocratie pour créer des changements concrets. Leur passion est inspirante. Des travailleurs de la santé protègent notre santé publique nationale au risque de la leur. Leur engagement est inspirant. Et que dire des rassemblements de solidarité contre le racisme anti-Noir et les inégalités structurelles : leur pouvoir est inspirant. Dans tout le pays, il existe des communautés de personnes qui créent des changements et prennent des mesures collectives en vue d’arriver à une société plus inclusive. J’admire leur ténacité et j’espère que nous pourrons honorer ce leadership à notre manière, par notre travail, au Ryerson Leadership Lab. 

Je suis également inspirée par les étudiants du Ryerson Leadership Lab qui, dans le cadre du cours phare Making the Future, consacrent leur temps à l’action collective au sein de leur communauté, et cela, au travers de leurs études, de leurs responsabilités de soignants et de leurs divers autres emplois. Le laboratoire a récemment lancé un nouveau segment de médias sociaux intitulé « Je suis un faiseur de changement » qui vise à offrir une plateforme dédiée à faire briller les récits des étudiants et à mettre en valeur le travail de jeunes passionnés. Notre dernière découverte est Cristal Hines. Elle est une leader en matière de participation politique des jeunes dans la région de Durham. Sa plus récente initiative, Youth Vote Counts, est une organisation communautaire qui vise à développer les connaissances politiques chez les jeunes de 18 à 29 ans. Elle est née suite aux élections fédérales de 2019 dans le but d’éduquer les membres de sa communauté qui cherchaient des ressources sur. Vous pouvez en apprendre plus sur leur travail sur notre site web ici

Parlez-nous de la manière dont le Ryerson Leadership Lab rend son travail plus inclusif et renforce l’engagement avec les différentes communautés. Avez-vous des conseils ou des leçons à partager avec d’autres personnes du secteur sur la réduction des obstacles à la participation ?

Le Ryerson Leadership Lab travaille à l’intersection du leadership et de la politique. Notre travail consiste à créer des connaissances sur des questions et à les mettre en relation avec les institutions où ces questions sont débattues.

Nous avons récemment pris en charge la direction de la Coalition for Alternatives to Streaming in Education (CASE). Ce groupe vise à faire progresser l’équité dans nos systèmes d’éducation publics, qui orientent de manière disproportionnée les étudiants Noirs vers des programmes appliqués plutôt que vers des programmes académiques. Les étudiants des programmes appliqués ont moins accès aux possibilités d’études postsecondaires et ont un taux d’obtention de diplôme nettement inférieur. Le CASE souhaite faire tomber les barrières qui empêchent les étudiants marginalisés d’exceller et de progresser ainsi qu’à générer des opportunités équitables afin qu’aucun étudiant ne soit laissé pour compte dans notre système d’éducation public. À la mi-juillet, nous avons constaté que l’engagement et la mobilisation de la communauté peuvent réellement conduire au changement lorsque le gouvernement de l’Ontario a annoncé qu’il travaillerait à cesser la séparer les élèves de 9ème année entre les profils appliqués et académiques. Nous devons maintenant poursuivre notre travail pour participer à la mise en œuvre efficace de cette nouvelle répartition des groupes. 

Les conversations orientées vers l’action sont le seul moyen d’apporter des changements significatifs. L’action, et même le changement, peuvent avoir une signification différente pour chacun, même pour ceux qui poursuivent le même objectif. Pour encourager la participation à la conversation et à l’action, nous devons trouver des points communs et une communauté dans le diagnostic des questions qui nous importent, mobiliser les connaissances collectives et aller de l’avant. 

Y a-t-il des demandes spécifiques du Ryerson Leadership Lab pour le secteur plus large – les choses pour lesquelles vous avez besoin d’aide, les problèmes que vous essayez de résoudre ou les souhaits que vous avez ?

Un problème que le Ryerson Leadership Lab tente de résoudre est celui d’aider à s’engager sur les enjeux clés qui sont le plus souvent traités en silos par des experts, sans l’intervention des jeunes, du public ou des communautés touchées. Nous essayons d’en faire plus dans notre travail, en activant les résultats de nos recherches par le biais d’opportunités de convocation, d’entretiens, de tables rondes et autres, ainsi qu’en engageant notre base d’étudiants par le biais de nos cours et formations de développement du leadership.

Notre plus grand souhait serait que les institutions apportent les changements que nous proposons en matière d’équité dans l’éducation, qu’elles adoptent la technologie « privacy-by-design », qu’elles prennent des mesures en faveur du climat et qu’elles s’engagent auprès des jeunes sur les questions qui les concernent. Les institutions publiques doivent inclure cette nouvelle génération de créateurs de changement dans leurs conversations, en particulier autour des enjeux urgents de politique publique, notamment celles qui ont un impact sur les communautés qui seront en retrait de la pandémie actuelle. Nous espérons que la communauté poursuivra son travail en faisant entendre des voix de tous âges et de tous niveaux dans les conversations sur nos questions civiques les plus urgentes afin d’apporter des changements à tous les niveaux.  

 

Le Ryerson Leadership Lab est un groupe de réflexion orienté vers l’action qui travaille à l’intersection des politiques publiques et du développement du leadership pour faire progresser nos défis civiques les plus urgents. Grâce au développement du leadership, à la mobilisation civique et à l’activation des politiques et de la recherche, nous construisons une nouvelle génération de dirigeants et de créateurs de changement compétents et adaptables, à tous les âges et à tous les stades, afin de bâtir une société plus fiable et plus inclusive. 

Karim Bardeesy, Directeur exécutif et co-fondateur et Braelyn Guppy, Responsable du marketing et de la communication, Ryerson Leadership Lab

Karim est un leader de la fonction publique qui a occupé des postes dans les domaines des politiques publiques, de la politique, du journalisme et de l’université à Toronto et aux États-Unis depuis 2001.  Il est également membre du conseil d’administration de The Atmospheric Fund et de Corporate Knights, Inc, membre du Banff Forum, et membre fondateur du corps enseignant de la Maytree Policy School. Karim était auparavant secrétaire principal adjoint du premier ministre de l’Ontario, l’honorable Kathleen Wynne, et a été directeur exécutif des politiques pour les premiers ministres Wynne et Dalton McGuinty. Il a travaillé comme journaliste, éditorialiste au Globe and Mail, et comme assistant de rédaction au magazine Slate. Karim est titulaire d’un master en politique publique de la John F. Kennedy School of Government de Harvard. 

Braelyn a comme passion de combiner la communication, la politique, la technologie et les arts. Elle a précédemment travaillé pour le gouvernement provincial en tant qu’assistante des élus du gouvernement et de l’opposition dans le cadre du programme de stages de l’Assemblée législative de l’Ontario (OLIP). Elle a également occupé des postes dans la fonction publique, notamment en tant que coordinatrice des communications pour la CSPAAT, technicienne de simulation pour la start-up d’apprentissage artificiellement intelligent Ametros Learning et en tant qu’assistante de recherche de premier cycle. Elle est titulaire d’un baccalauréat en communication professionnelle de l’Université Ryerson.