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Leading in Colour

août 20, 2020

Serisha Iyar de Leading in Colour, explique comment créer un espace pour les jeunes racisés dans les systèmes démocratiques actuels permet de créer un avenir différent.

Parlez-nous de Leading in Colour. Comment décririez-vous son objectif et ce qui le rend unique ?

Leading in Colour a été fondé le 25 juillet 2019. Après avoir observé le rejet des expériences de racisme dans les mouvements militants, j’ai décidé de créer un espace où les leaders racisés, en particulier les jeunes, pourraient se réunir pour apprendre et se mobiliser. Cet accent mis sur les jeunes racisés en tant qu’experts de leurs propres traumatismes, expériences vécues, besoins, forces, compétences culturelles et autres, est unique dans le paysage canadien du monde du travail.

Chez Leading in Colour , nous fournissons aux jeunes les outils nécessaires pour mener à bien leurs efforts d’activisme. Nous offrons des formations Gratuites aux jeunes racisés de moins de 26 ans sous forme de webinaires, d’ateliers et d’événements où ils peuvent développer leurs compétences en matière de défense des droits. Nous offrons actuellement trois programmes spécifiques : notre programme de bourses de formation en ligne, le Digital Institute for Activism ; notre podcast, Leaders of Colour ; et notre série de webinaires d’enseignement, Emerging Experts. Ces programmes offrent la possibilité à la fois de naviguer dans les systèmes coloniaux de démocratie en jeu et de permettre à des visions différentes de l’avenir de voir le jour.

Nous travaillons également avec des organisations partenaires pour offrir à leurs membres des programmes basés sur les principes d’anti-oppression, d’antiracisme, d’intersectionnalité et de décolonisation.

Nous naviguons tous de différentes manières la pandémie actuelle. Quel est un des éléments clés de la réponse de Leading in Colour à la crise ?

Afin de toucher les jeunes à travers le Canada actuel, Leading in Colour s’est consacré depuis le premier jour à développer des espaces d’action et de formation entièrement en ligne. Nous avons eu l’occasion de travailler en personne au sein de diverses communautés, mais nous sommes restés engagés à faire ce travail par vidéoconférence, par appels téléphoniques et par l’organisation de webinaires, d’ateliers et de cours en ligne. Ainsi, nous n’avons pas eu à modifier nos façons de faire lorsque la pandémie a frappé – nous étions plutôt bien placés pour continuer notre travail et attirer de nouvelles personnes à s’engager pendant que d’autres organisations s’occupaient de déterminer comment elles allaient s’adapter. Bien que notre cadre numérique ait été inaccessible pour certains jeunes vivant dans des communautés rurales, ce qui affecte particulièrement notre engagement auprès des jeunes autochtones, nous avons pu combler cette lacune en travaillant avec des organisations partenaires et d’autres réseaux de jeunes afin de nous assurer que nous avions une certaine capacité de sensibilisation au-delà de ceux qui se trouvaient près de nous. Nous continuons à nous efforcer de nous améliorer dans ce domaine, alors que nous augmentons notre capacité organisationnelle.

Au cours des derniers mois, nous avons vu des groupes saisir ce moment d’incertitude pour faire progresser la justice raciale et économique dans leurs communautés. Que pensez-vous de ce moment d’organisation communautaire ?

J’espère que l’élan se poursuivra et que les gens ne se contenteront pas de suivre la parade, pour s’en débarrasser une fois la pandémie terminée, alors qu’ils seront absorbés par d’autres intérêts. Les militants se sont mobilisés sans relâche bien avant le début de la pandémie. La décision des médias de montrer ou non ce travail joue sur la façon dont ceux qui ne sont pas aussi familiers avec les efforts de lutte contre le racisme le voient. Par exemple, en août, il y a toujours d’énormes marches de solidarité autour de la violence policière contre les communautés noires aux États-Unis, mais la couverture médiatique est minime par rapport au début de l’été. Pourtant, ce travail se poursuit. Je pense que ce moment d’organisation communautaire met en lumière tout un champ de questions sociales dont les gouvernements doivent être tenus responsables.

Selon vous, quel est le plus grand défi auquel la démocratie canadienne doit faire face ? Comment travaillez-vous sur ce défi, quelles solutions proposez-vous ?

Le suprémacisme blanc. Travailler au sein du système démocratique actuel est, à mon avis, un énorme défi pour les jeunes racisés, surtout lorsqu’il s’agit d’accéder à l’espace, au pouvoir et aux possibilités de prise de décision. Pour cela, il est essentiel de comprendre comment nous pouvons naviguer dans la sphère politique canadienne afin d’obtenir la justice pour leurs communautés. Chez Leading in Colour, nous travaillons sur ce défi en créant des opportunités d’apprentissage accessibles pour les jeunes racisés sur le fonctionnement du système et sur ce qu’ils peuvent faire pour faire entendre leur voix et celle de leur communauté. En ce qui concerne les solutions, nous disons trop souvent que la représentation est la façon dont nous pouvons faire entendre notre voix dans le système démocratique canadien, mais ce n’est pas tout. Nous devons permettre aux jeunes racisés qui décident de prendre part aux systèmes de gouvernement coloniaux de le faire de manière à subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs communautés. Naviguer dans les systèmes de suprématie blanche demande beaucoup d’efforts et nous espérons nous soutenir les uns les autres en nous préparant à l’avenir.

Selon vous, quel est le plus grand défi auquel la démocratie canadienne doit faire face ? Comment travaillez-vous sur ce défi, quelles solutions proposez-vous ?

Le suprémacisme blanc. Travailler au sein du système démocratique actuel est, à mon avis, un énorme défi pour les jeunes racisés, surtout lorsqu’il s’agit d’accéder à l’espace, au pouvoir et aux possibilités de prise de décision. Pour cela, il est essentiel de comprendre comment nous pouvons naviguer dans la sphère politique canadienne afin d’obtenir la justice pour leurs communautés. Chez Leading in Colour, nous travaillons sur ce défi en créant des opportunités d’apprentissage accessibles pour les jeunes racisés sur le fonctionnement du système et sur ce qu’ils peuvent faire pour faire entendre leur voix et celle de leur communauté. En ce qui concerne les solutions, nous disons trop souvent que la représentation est la façon dont nous pouvons faire entendre notre voix dans le système démocratique canadien, mais ce n’est pas tout. Nous devons permettre aux jeunes racisés qui décident de prendre part aux systèmes de gouvernement coloniaux de le faire de manière à subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs communautés. Naviguer dans les systèmes de suprématie blanche demande beaucoup d’efforts et nous espérons nous soutenir les uns les autres en nous préparant à l’avenir.

Pourriez-vous nous faire part d’une idée ou d’une initiative liée au renforcement de l’engagement civique ou de la participation démocratique qui vous inspire ? Cela pourrait être lié à votre travail ou à quelque chose que vous voyez se produire dans le secteur.

Je suis une grande amatrice de Platform, anciennement connu sous le nom de Young Womxn’s Leadership Network. Ils se sont constamment engagés à remodeler le paysage politique en plaçant les expériences vécues des femmes racisées et des jeunes d’identités sexuelles diversifiées au centre de leur travail. Leurs programmes ont permis de renforcer les capacités de leadership civique de centaines de jeunes en responsabilisant et en éduquant leurs électeurs. Leur travail est essentiel pour soutenir les survivants d’agressions sexuelles sur le terrain et redéfinir continuellement ce à quoi pourrait ressembler le leadership dans ces positions de pouvoir si nous suivions leur exemple.

Parlez-nous de la manière dont Leading in Colour rend son travail plus inclusif et renforce son engagement auprès des différentes communautés. Avez-vous des conseils ou des leçons à partager avec d’autres personnes du secteur sur la réduction des obstacles à la participation ?

Leading in Colour s’engage à comprendre les expériences nuancées des diverses communautés racisées qui vivent dans le Canada actuel. Nous travaillons activement au développement de matériel éducatif anti-oppressif pour les communautés racisées sur des sujets tels que le racisme anti-Noir, l’islamophobie et la discrimination contre les Autochtones, dans l’espoir de favoriser le désapprentissage des comportements et idéologies intériorisés et la promotion d’un discours analytique et d’une alliance active visant à construire une solidarité entre les communautés racisées. La principale leçon à tirer pour les autres est de prendre du recul et de créer un espace permettant aux jeunes racisés de montrer la voie pour eux-mêmes et leurs communautés. Nous ne sommes pas de futurs leaders, nous sommes des leaders actuels et, en tant que tels, nous avons l’expertise, les compétences, les connaissances et l’aptitude à faire le travail que les personnes en position de pouvoir ne peuvent pas faire.

Y a-t-il des demandes spécifiques que Leading in Colour a pour le secteur plus large – des choses pour lesquelles vous avez besoin d’aide, des problèmes que vous essayez de résoudre ou des souhaits que vous avez ?

Leading in Colour, comme beaucoup d’autres organisations dirigées par des jeunes racisés, n’a pas le même accès au financement et aux ressources que ses homologues. Nous sommes constamment désavantagés, mais nous continuons à faire un travail essentiel non rémunéré pour les rêves de nos ancêtres, la vision que nous avons pour nous-mêmes, l’avenir de nos communautés et les générations à venir. Jusqu’à ce que nous puissions nous engager à restructurer les méthodes coloniales de développement de ces espaces, il serait utile que le secteur au sens large cherche à obtenir notre leadership au-delà du symbolisme et utilise ses plateformes pour partager avec nous (les organisations dirigées par et pour les jeunes racisés) l’accès aux espaces qu’ils occupent si facilement dans l’intervalle ; peut-être alors nos voix seraient-elles amplifiées de manière à permettre un soutien réel.

Pour ceux qui aimeraient vous suivre et s’engager, comment peuvent-ils le faire? Qui peuvent-ils contacter?

Vous pouvez nous suivre sur les médias sociaux : Twitter, Instagram, LinkedIn et Facebook. Vous pouvez aussi visiter notre site web et découvrir notre podcast Leaders of Colour.

Leading in Colour est une organisation communautaire dirigée par et pour les jeunes racisés. Nous fournissons aux jeunes les outils nécessaires pour mener à bien leurs efforts d’activisme. Nous offrons des possibilités de formation GRATUITES aux jeunes racisés de moins de 26 ans afin qu’ils puissent développer leurs compétences en matière de défense des droits. Nous offrons actuellement trois programmes spécifiques : notre programme de bourses de formation en ligne, le Digital Institute for Activism ; notre podcast, Leaders of Colour ; et notre série de webinaires d’enseignement, Emerging Experts.

Serisha Iyar, Founder and Executive Director of Leading in Colour

Serisha Iyar (elle) est la fondatrice et la directrice exécutive de Leading in Colour, une organisation communautaire vouée à fournir aux jeunes racisés les outils, les ressources et la formation nécessaires pour mener des efforts en activisme dans et pour leurs communautés. Née à Montréal où sa famille est arrivée en tant que réfugiée d’Afrique du Sud, elle a passé la plus grande partie de sa vie dans la petite ville de Georgetown en Ontario et vit maintenant à Ottawa. Serisha s’est engagée à travailler sur des cadres fondamentaux de lutte contre l’oppression, notamment la décolonisation, l’antiracisme et le féminisme intersectionnel. Elle est diplômée de l’Université McGill en 2017, où elle a obtenu un baccalauréat en science politique et religions mondiales. Vous pouvez la voir débattre de politique canadienne dans les deux langues officielles en suivant @serishaiyar sur Twitter.