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Mosaic Institute

octobre 21, 2020

Akaash Maharaj explique comment le Mosaic Institute s’engage auprès de différentes communautés pendant la pandémie

Parlez-nous du Mosaic Institute. Comment décririez-vous son objectif et ce qui le rend unique ?

Mosaic est une institution caritative canadienne qui fait défend le pluralisme des sociétés et la paix entre les nations.  Nous opérons en diplomatie parallèle, et nous rassemblons des personnes, des communautés et des États, afin de favoriser la compréhension mutuelle et de résoudre les conflits.

Notre contribution unique aux affaires mondiales et à la compréhension interculturelle est que nous commençons notre travail avec les communautés de diasporas présentes au Canada, les rassemblons au-delà des divisions des conflits internationaux, les aidons à comprendre les perspectives des uns et des autres et, ce faisant, les aidons à reconnaître notre humanité commune.  Nous créons ensuite des occasions pour ces communautés de joindre leurs forces dans des efforts communs pour résoudre ou au moins atténuer les conflits à l’étranger.

Pour nous, le succès est rarement une question de persuader les gens de se mettre d’accord les uns avec les autres sur tous les aspects de conflits âprement disputés, mais plutôt d’être en désaccord de manière constructive et de protéger les droits de l’homme des uns et des autres comme moyen de protéger leurs propres droits de l’homme.

Nous vivons tous la pandémie de différentes manières. Quel est l’élément clé de la réponse de l’Institut Mosaic à la crise ?

D’une part, la pandémie a mis à nu la mesure dans laquelle nos intérêts en tant qu’individus sont inextricablement liés au bien-être de tous les autres membres de la société, et le fait que nous ne pouvons pas être des individus en bonne santé, prospères ou qui réussissent, si nous ne construisons pas des sociétés en bonne santé, prospères et qui réussissent.

D’autre part, la pandémie a montré tout aussi clairement que les personnes les plus démunies sont appelées à faire les plus grands sacrifices, soit en continuant à travailler dans des activités publiques qui comportent des risques élevés et une faible rémunération, soit en étant totalement dépouillées de leurs moyens de subsistance.

Au cours des derniers mois, nous avons vu des groupes saisir ce moment d’incertitude pour faire progresser la justice raciale et économique dans leurs communautés. Quel est le lien avec votre travail ?

L’éloignement physique n’a fait qu’augmenter l’appétit pour les interactions sociales, surtout chez les Canadiens qui étaient déjà isolés ou confinés par la pauvreté ou l’impuissance. Mosaic s’efforce de rassembler ces personnes, en particulier au-delà des divisions ethniques, culturelles et confessionnelles.  Si la soif d’interactions humaines d’une communauté est au moins partiellement satisfaite par d’autres communautés dont elle a été historiquement aliénée, cela peut permettre de construire des ponts de cohésion sociale et d’unité entre elles, qui pourraient durer plus longtemps que la pandémie.

Selon vous, quel est le plus grand défi que doit relever la démocratie canadienne ?  Comment relevez-vous ce défi, quelles solutions proposez-vous ?

La discrimination au Canada est souvent beaucoup plus subtile que dans d’autres pays.  Elle a appris à parler le langage de la vertu, même s’il pratique les vices les plus effroyables.  Les acteurs du secteur public et du monde des affaires parlent d’inclusion, précisément pour masquer leur pratique de l’exclusion raciale, de classe et de genre.  En conséquence, la discrimination dans notre pays est étrangement insidieuse : elle renforce son emprise sur le corps politique, alors même que de nombreux citoyens insistent sur le fait qu’il s’agit d’un fantôme imaginaire.

Une partie de la réponse doit consister à ce que les organisations à vocation sociale – y compris Mosaic – ne prêtent aucune attention aux paroles ou aux intentions exprimées par les personnalités publiques, et à mettre plutôt l’accent entièrement sur une évaluation critique des actions de ces personnalités.  Une partie de la réponse doit consister à encourager une culture qui rejette la tyrannie des faibles attentes, une tyrannie qui persuade les citoyens de taire leurs critiques à l’égard des personnalités politiques hypocrites, de peur qu’une race encore pire de politiciens ne profite de ces critiques.

Pourriez-vous partager une idée ou une initiative liée au renforcement de l’engagement civique ou de la participation démocratique qui vous inspire ? Cela pourrait être lié à votre travail ou à quelque chose que vous voyez se produire dans le secteur.

J’ai été profondément impressionné et ému par le travail de nos collègues du St John Eye Hospital à Jérusalem.  Les médecins israéliens et palestiniens ont mis en commun leurs efforts pour fournir des services ophtalmiques à Jérusalem, indépendamment de l’identité ethnique ou confessionnelle des patients ou de leur capacité à payer.  L’identité fondamentale de l’hôpital met l’accent sur nos devoirs les uns envers les autres et sur le fait que nous devenons des personnes meilleures en assumant ces responsabilités.

Parlez-nous de la manière dont le Mosaic Institute rend son travail plus inclusif et renforce son engagement auprès des différentes communautés. Avez-vous des conseils ou des leçons à partager avec d’autres acteurs du secteur sur la réduction des barrières à la participation ?

Il existe une idée fausse étonnamment répandue selon laquelle les activités d’engagement vidéo en ligne sont nécessairement plus accessibles, car elles ne nécessitent pas de déplacement.  En réalité, les barrières virtuelles peuvent être aussi restrictives que les barrières physiques : toutes les communautés n’ont pas un accès étendu à un service internet à haut débit, à des ordinateurs ou à des zones de travail tranquilles.

Pendant la pandémie, la fracture numérique a été exacerbée par la fermeture des bibliothèques publiques et des écoles. Nous sommes en discussion avec des entreprises technologiques sur la possibilité de créer des systèmes permettant de mettre à disposition des équipements informatiques de base dans les communautés défavorisées.  Nous examinons également des options réglementaires qui obligeraient les grandes entreprises de télécommunications, comme condition d’accès au marché canadien, à fournir un accès Internet à bas prix aux Canadiens à revenus modestes.

Y a-t-il des demandes spécifiques que le Mosaic Institute a pour le secteur plus large – des choses pour lesquelles vous avez besoin d’aide, des problèmes que vous essayez de résoudre ou des souhaits que vous avez ?

Comme pratiquement toutes les organisations à but non lucratif, nous sommes confrontés au fait que les organismes de financement ont adopté des modèles de financement de projets et ont abandonné le financement de base.  Nous devons trouver un moyen de mieux persuader les bailleurs de fonds qu’investir dans la capacité et la résilience institutionnelles est non seulement productif, mais aussi le seul moyen efficace et efficient de garantir que les organisations puissent poursuivre leur travail en temps de crise et de convulsion, lorsque ce travail est le plus nécessaire.

 

Le Mosaic Institute est une institution caritative canadienne qui défend le pluralisme des sociétés et la paix entre les nations. Nous opérons en diplomatie parallèle, et nous rassemblons des personnes, des communautés et des États, afin de favoriser la compréhension mutuelle et de résoudre les conflits. Au cours des dix dernières années, Mosaic a réuni des jeunes leaders chinois et tibétains pour des discussions sur la coexistence pacifique sur le plateau tibétain ; a rassemblé des représentants cinghalais et tamouls pour créer des stratégies de réconciliation après la guerre civile sri-lankaise ; a réuni des survivants de génocides pour briser le cycle des traumatismes ; et a mis en place des programmes dans les écoles et les universités pour former la prochaine génération de leaders au pluralisme. Suivez @MosaicInstitute.

 

 

Nous vivons un moment sans précédent pour la démocratie au Canada. Nous avons donc créé Sector Spotlight pour découvrir comment les principaux acteurs y réagissent. Nous espérons ainsi soutenir le partage des connaissances et susciter de nouvelles connexions en dressant le portrait d’un large éventail d’initiatives de partout au pays. Vous avez des idées pour notre prochain Sector Spotlight? Contactez-nous!

Akaash Maharaj

Akaash Maharaj est le PDG du Mosaic Institute, et dirige son travail de renforcement du pluralisme au sein des sociétés et de paix entre les nations.
Il est également ambassadeur de l’Organisation mondiale des parlementaires contre la corruption, et a pris la parole devant les Nations unies sur les poursuites internationales des crimes contre l’humanité. En dehors de sa vie professionnelle, il est un athlète national et a été triple médaillé d’or au Championnat international d’adresse équestre. Il a obtenu sa maîtrise de l’Université d’Oxford et a été le premier étudiant étranger élu président du gouvernement étudiant dans l’histoire de cette université vieille de 900 ans.