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Une politique sociale fondée sur les droits : Notre avenir post-pandémique en a-t-il besoin ?

septembre 23, 2020

La pandémie de COVID-19 a mis notre démocratie à la croisée des chemins. La voie que nous choisissons maintenant façonnera notre avenir. Allons-nous continuer à renforcer notre démocratie et à affirmer nos engagements en matière de droits humains, d’équité et de justice ? Ou bien allons-nous nous rabattre sur le statu quo pré-pandémique ? 

Lorsque nous mettons « démocratie » et « droits humains » dans la même phrase, vous pourriez penser à des choses comme des élections équitables, un système judiciaire indépendant et une presse libre. Ce sont nos droits civils et politiques, et au Canada, nous avons tendance à nous concentrer sur ceux-ci. Mais nous ne pouvons pas oublier les droits économiques et sociaux. 

Les droits économiques et sociaux sont ceux qui concernent l’emploi, la sécurité sociale et l’accès au logement, la nourriture et l’eau, l’éducation, la santé et un niveau de vie adéquat. Ce sont les droits qui nous permettent de vivre dans la dignité et de participer pleinement à la société. Comme les droits civils et politiques, ce sont des droits humains fondamentaux, inhérents à toute personne. 

Si les efforts visant à renforcer notre démocratie se concentrent souvent sur les droits civils et politiques, tels que le droit de vote, les droits économiques et sociaux sont tout aussi fondamentaux et indivisibles. Pour mener une vie digne, nous devons être en mesure de réaliser tous ces droits. 

L’idée de démocratie est souvent réduite au simple concept de « la majorité l’emporte », sans tenir compte des systèmes et de la culture de l’information qui produisent cette majorité. Par exemple, nous avons vu que le simple fait d’affirmer que les gens peuvent élire un autre gouvernement par les urnes à quelques années d’intervalle n’a pas permis de lutter efficacement contre la vague croissante de populisme, ni contre les quantités vertigineuses de désinformation et de méfiance à l’égard des institutions qui l’accompagnent.

Choisir de renforcer notre démocratie exige que nous nous attaquions de front aux inégalités entre les races, les genres et les niveaux de revenus. Il faut également que chaque personne ait accès à l’ensemble des droits humains afin de pouvoir participer pleinement à la vie civique. Par exemple, l’un de nos droits les plus fondamentaux est le droit à un domicile stable – un domicile où vous pouvez recevoir votre carte d’information de l’électeur, par exemple, par la poste.

La pandémie de COVID-19 a montré que les filets de sécurité sociale au Canada et dans le monde entier sont déchirés et ont désespérément besoin d’être réparés. Pour contribuer à garantir à tous un niveau de vie minimum, nous devons procéder à des réformes structurelles et mettre en place des politiques sociales fortes. 

Comment y parvenir ? 

Se concentrer sur une politique sociale ancrée dans les droits humains pourrait être un bon début. Une politique fondée sur les droits se concentre sur la réalisation progressive des droits, c’est-à-dire sur des progrès réguliers vers les conditions qui permettent aux gens de réaliser leurs droits dans leur vie quotidienne. Elle se concentre également sur la mise en place et le renforcement des structures qui soutiennent les droits humains, comme les mécanismes de responsabilisation et les moyens permettant aux personnes de demander réparation si elles ne peuvent pas accéder à leurs droits. Elle articule les principes des droits humains et s’efforce de mettre en place les infrastructures qui soutiennent ces principes. Pour certains, il s’agit simplement de « bonnes politiques publiques ».

Pour d’autres, une politique sociale fondée sur les droits peut n’être qu’un objectif noble sans aucune application pratique, une distraction qui rendra l’élaboration de politiques compliquée et lente. Ou pire encore, un impératif qui aboutira à gouverner par décret, à interférer avec la démocratie en écartant les mandats des gouvernements légitimement élus. 

Le 15 octobre, Maytree et d’autres organiseront une table ronde à DemocracyXChange pour approfondir la question des droits économiques et sociaux, de la politique sociale fondée sur les droits et de la démocratie. Nous nous pencherons sur des questions telles que : Avons-nous besoin de processus politiques fondés sur les droits pour obtenir les résultats que nous souhaitons? Cela interfère-t-il avec les processus démocratiques ou permet-il une participation équitable à la démocratie?

Chacun est le bienvenu pour entendre des experts discuter de ce à quoi devraient ressembler les fondements de notre reprise post-pandémique. Nos panélistes présenteront un large éventail de perspectives et s’inspireront des leçons tirées du Canada et du monde entier, en se posant la question suivante : « Que devons-nous à chacun et comment y parvenir ? »

Garima Talwar Kapoor

Directrice des politiques et de la recherche à Maytree

Garima Talwar Kapoor est Directrice des politiques et de la recherche à Maytree, une fondation qui s’engage à faire progresser les solutions à la pauvreté par une approche fondée sur les droits humains. Avant de rejoindre Maytree, Garima a passé plusieurs années dans la fonction publique de l’Ontario, où elle a occupé des postes de plus en plus importants. Son travail consistait à comprendre comment les changements sur le marché du travail et dans l’économie ont un impact sur la santé de la population et sur notre tissu social, et a aidé à développer des initiatives politiques qui pourraient contribuer à renforcer le système de sécurité du revenu. Garima est animée par la passion de comprendre comment les organisations de la société civile, les gouvernements et le secteur privé peuvent travailler ensemble pour renforcer les communautés à travers le Canada. Garima est titulaire d’une maîtrise en santé publique de l’Université de Toronto et d’un baccalauréat en affaires publiques et gestion des politiques de l’Université Carleton.