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Mosaic Institute

Akaash Maharaj explique comment le Mosaic Institute s’engage auprès de différentes communautés pendant la pandémie

Parlez-nous du Mosaic Institute. Comment décririez-vous son objectif et ce qui le rend unique ?

Mosaic est une institution caritative canadienne qui fait défend le pluralisme des sociétés et la paix entre les nations.  Nous opérons en diplomatie parallèle, et nous rassemblons des personnes, des communautés et des États, afin de favoriser la compréhension mutuelle et de résoudre les conflits.

Notre contribution unique aux affaires mondiales et à la compréhension interculturelle est que nous commençons notre travail avec les communautés de diasporas présentes au Canada, les rassemblons au-delà des divisions des conflits internationaux, les aidons à comprendre les perspectives des uns et des autres et, ce faisant, les aidons à reconnaître notre humanité commune.  Nous créons ensuite des occasions pour ces communautés de joindre leurs forces dans des efforts communs pour résoudre ou au moins atténuer les conflits à l’étranger.

Pour nous, le succès est rarement une question de persuader les gens de se mettre d’accord les uns avec les autres sur tous les aspects de conflits âprement disputés, mais plutôt d’être en désaccord de manière constructive et de protéger les droits de l’homme des uns et des autres comme moyen de protéger leurs propres droits de l’homme.

Nous vivons tous la pandémie de différentes manières. Quel est l’élément clé de la réponse de l’Institut Mosaic à la crise ?

D’une part, la pandémie a mis à nu la mesure dans laquelle nos intérêts en tant qu’individus sont inextricablement liés au bien-être de tous les autres membres de la société, et le fait que nous ne pouvons pas être des individus en bonne santé, prospères ou qui réussissent, si nous ne construisons pas des sociétés en bonne santé, prospères et qui réussissent.

D’autre part, la pandémie a montré tout aussi clairement que les personnes les plus démunies sont appelées à faire les plus grands sacrifices, soit en continuant à travailler dans des activités publiques qui comportent des risques élevés et une faible rémunération, soit en étant totalement dépouillées de leurs moyens de subsistance.

Au cours des derniers mois, nous avons vu des groupes saisir ce moment d’incertitude pour faire progresser la justice raciale et économique dans leurs communautés. Quel est le lien avec votre travail ?

L’éloignement physique n’a fait qu’augmenter l’appétit pour les interactions sociales, surtout chez les Canadiens qui étaient déjà isolés ou confinés par la pauvreté ou l’impuissance. Mosaic s’efforce de rassembler ces personnes, en particulier au-delà des divisions ethniques, culturelles et confessionnelles.  Si la soif d’interactions humaines d’une communauté est au moins partiellement satisfaite par d’autres communautés dont elle a été historiquement aliénée, cela peut permettre de construire des ponts de cohésion sociale et d’unité entre elles, qui pourraient durer plus longtemps que la pandémie.

Selon vous, quel est le plus grand défi que doit relever la démocratie canadienne ?  Comment relevez-vous ce défi, quelles solutions proposez-vous ?

La discrimination au Canada est souvent beaucoup plus subtile que dans d’autres pays.  Elle a appris à parler le langage de la vertu, même s’il pratique les vices les plus effroyables.  Les acteurs du secteur public et du monde des affaires parlent d’inclusion, précisément pour masquer leur pratique de l’exclusion raciale, de classe et de genre.  En conséquence, la discrimination dans notre pays est étrangement insidieuse : elle renforce son emprise sur le corps politique, alors même que de nombreux citoyens insistent sur le fait qu’il s’agit d’un fantôme imaginaire.

Une partie de la réponse doit consister à ce que les organisations à vocation sociale – y compris Mosaic – ne prêtent aucune attention aux paroles ou aux intentions exprimées par les personnalités publiques, et à mettre plutôt l’accent entièrement sur une évaluation critique des actions de ces personnalités.  Une partie de la réponse doit consister à encourager une culture qui rejette la tyrannie des faibles attentes, une tyrannie qui persuade les citoyens de taire leurs critiques à l’égard des personnalités politiques hypocrites, de peur qu’une race encore pire de politiciens ne profite de ces critiques.

Pourriez-vous partager une idée ou une initiative liée au renforcement de l’engagement civique ou de la participation démocratique qui vous inspire ? Cela pourrait être lié à votre travail ou à quelque chose que vous voyez se produire dans le secteur.

J’ai été profondément impressionné et ému par le travail de nos collègues du St John Eye Hospital à Jérusalem.  Les médecins israéliens et palestiniens ont mis en commun leurs efforts pour fournir des services ophtalmiques à Jérusalem, indépendamment de l’identité ethnique ou confessionnelle des patients ou de leur capacité à payer.  L’identité fondamentale de l’hôpital met l’accent sur nos devoirs les uns envers les autres et sur le fait que nous devenons des personnes meilleures en assumant ces responsabilités.

Parlez-nous de la manière dont le Mosaic Institute rend son travail plus inclusif et renforce son engagement auprès des différentes communautés. Avez-vous des conseils ou des leçons à partager avec d’autres acteurs du secteur sur la réduction des barrières à la participation ?

Il existe une idée fausse étonnamment répandue selon laquelle les activités d’engagement vidéo en ligne sont nécessairement plus accessibles, car elles ne nécessitent pas de déplacement.  En réalité, les barrières virtuelles peuvent être aussi restrictives que les barrières physiques : toutes les communautés n’ont pas un accès étendu à un service internet à haut débit, à des ordinateurs ou à des zones de travail tranquilles.

Pendant la pandémie, la fracture numérique a été exacerbée par la fermeture des bibliothèques publiques et des écoles. Nous sommes en discussion avec des entreprises technologiques sur la possibilité de créer des systèmes permettant de mettre à disposition des équipements informatiques de base dans les communautés défavorisées.  Nous examinons également des options réglementaires qui obligeraient les grandes entreprises de télécommunications, comme condition d’accès au marché canadien, à fournir un accès Internet à bas prix aux Canadiens à revenus modestes.

Y a-t-il des demandes spécifiques que le Mosaic Institute a pour le secteur plus large – des choses pour lesquelles vous avez besoin d’aide, des problèmes que vous essayez de résoudre ou des souhaits que vous avez ?

Comme pratiquement toutes les organisations à but non lucratif, nous sommes confrontés au fait que les organismes de financement ont adopté des modèles de financement de projets et ont abandonné le financement de base.  Nous devons trouver un moyen de mieux persuader les bailleurs de fonds qu’investir dans la capacité et la résilience institutionnelles est non seulement productif, mais aussi le seul moyen efficace et efficient de garantir que les organisations puissent poursuivre leur travail en temps de crise et de convulsion, lorsque ce travail est le plus nécessaire.

 

Le Mosaic Institute est une institution caritative canadienne qui défend le pluralisme des sociétés et la paix entre les nations. Nous opérons en diplomatie parallèle, et nous rassemblons des personnes, des communautés et des États, afin de favoriser la compréhension mutuelle et de résoudre les conflits. Au cours des dix dernières années, Mosaic a réuni des jeunes leaders chinois et tibétains pour des discussions sur la coexistence pacifique sur le plateau tibétain ; a rassemblé des représentants cinghalais et tamouls pour créer des stratégies de réconciliation après la guerre civile sri-lankaise ; a réuni des survivants de génocides pour briser le cycle des traumatismes ; et a mis en place des programmes dans les écoles et les universités pour former la prochaine génération de leaders au pluralisme. Suivez @MosaicInstitute.

 

 

Nous vivons un moment sans précédent pour la démocratie au Canada. Nous avons donc créé Sector Spotlight pour découvrir comment les principaux acteurs y réagissent. Nous espérons ainsi soutenir le partage des connaissances et susciter de nouvelles connexions en dressant le portrait d’un large éventail d’initiatives de partout au pays. Vous avez des idées pour notre prochain Sector Spotlight? Contactez-nous!

Compte à rebours pour DemocracyXChange

Le compte à rebours est lancé pour DemocracyXChange – le sommet annuel du Canada, co-fondé par l’Open Democracy Project et le Ryerson Leadership Lab. Rejoignez-nous pour saisir l’occasion de renforcer la démocratie dans le cadre de la relance économique post-COVID-19. Pour accéder au sommet et au festival, vous pouvez faire une contribution volontaire.

  • Notre sommet virtuel (du 13 au 15 octobre) soulèvera des questions cruciales sur les inégalités systémiques, la pertinence de nos institutions publiques et la façon dont nous pouvons répondre avec imagination à ce moment mondial
  • Notre Festival (16-22 octobre) permettra aux participants d’approfondir leur engagement avec le contenu du programme en assistant à des ateliers en ligne, des sessions de formation et des événements organisés par des organisations à but non lucratif, des associations et des groupes communautaires. 

 

Consultez le programme complet du Sommet, qui comprend les discours d’ouverture de Karen Lord, Waubgesheg Rice, Cory Doctorow, le ministre Dominic LeBlanc, Sheri Berman, Siyabulela Mandela, Thomas Piketty, Hahrie Han et Mutale Nkonde

Les sessions présenteront également les points de vue importants d’Oren Cass, Elizabeth May, Beverly Jacobs, Colleen O’Manique, David Coletto, Doug Saunders, Eva Salinas, Darcy Lindberg, Michal Rozworksi, Lynette Ong, Matt Stoller, Paul Bailey et bien d’autres. 

Le festival regroupe des organisations de tout le Canada qui travaillent à renforcer l’engagement démocratique. Consultez les événements de CIVIX, Massey College, Mosaic Institute, Institute for Change Leaders, Democratic Engagement Exchange, Feedback Frames, Canadian Interfaith Conversation, l’Institut du Nouveau Monde, Centre for Mindfulness Studies, Fair Vote Canada et bien d’autres. 

Rejoignez-nous pour un panel ou profitez du programme complet. 


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Trouver la place de la religion dans la vie démocratique du Canada

Une semaine avant que le pays ne mette en place des restrictions importantes en raison du coronavirus, un petit groupe de députés, d’assistants et de représentants nationaux de groupes religieux se sont réunis dans une petite salle de conférence au troisième étage d’un bâtiment parlementaire de la rue Wellington, à Ottawa. L’objectif de la réunion était de discuter de la création d’un caucus interconfessionnel multipartite, une entité qui pourrait faciliter le dialogue entre les parlementaires et les diverses communautés religieuses du Canada sur des sujets d’intérêt et de préoccupation communs : la réconciliation, la pauvreté, la gestion de l’environnement, les discours de haine et d’autres enjeux. Les députés qui ont contribué à diriger cette initiative avec le soutien de la Conversation Interreligieuse Canadienne, parleront du rôle de la foi comme vecteur de dialogue lors du prochain sommet DemocracyXChange

Lors de la dernière campagne électorale fédérale, la discussion sur la religion a surtout été présentée comme une source de division et de polarisation. Qu’il s’agisse des positions morales du chef conservateur ou du débat sur la loi 21 au Québec, la religion était considérée comme un obstacle à la conversation pour les politiciens. Il est devenu évident que nous avons besoin d’un nouveau langage et de nouveaux concepts pour aborder la religion dans la sphère publique. Nous reconnaissons souvent la religion comme une source d’identité, de pratique spirituelle et d’articles de foi profondément enracinés. Ce sont des sources de différence qui ajoutent à la diversité de notre pays. Elles nous appellent à invoquer la même éthique d’inclusion, de tolérance et d’apprentissage mutuel que celle que nous appliquons aux autres différences sociales.

Mais si les religions du Canada contribuent à notre diversité, elles renforcent aussi notre vie commune de diverses façons. Au niveau individuel, les communautés religieuses contribuent à encourager les jeunes à consacrer leur vie à l’amélioration du monde et au service des autres. La religion renforce également les liens communautaires qui contribuent à la vitalité des quartiers et aux relations de confiance sociale. Ces communautés donnent également naissance à des institutions, allant des organismes de bienfaisance aux petites entreprises, qui génèrent d’importants bénéfices publics. En d’autres termes, les religions du Canada sont un élément important du tissu de la vie démocratique. Peu de gens remettent en question le fait que la religion puisse être antidémocratique, surtout lorsque ses dirigeants encouragent les préjugés, la désinformation et la peur. Notre défi consiste donc à créer des structures qui peuvent renforcer la religion prosociale en reliant les idées issues des enseignements et de l’expérience des communautés religieuses aux processus de délibération démocratique. 

Le Caucus interreligieux multipartite se veut un mécanisme pour ce type d’action démocratique. Les groupes multipartites sont des organes parlementaires informels qui sont devenus une caractéristique de plusieurs législatures de type Westminster. Ils rassemblent généralement des parlementaires d’arrière-ban de différents partis pour travailler avec des groupes non gouvernementaux sur des questions d’intérêt commun. Comme l’a fait remarquer M. Paul Thomas, les groupes parlementaires multipartites ont proliféré au Canada au cours des dernières décennies – souvent sous l’impulsion de ces intérêts convergents. Ils offrent aux parlementaires la possibilité de développer des idées politiques grâce à une interaction structurée avec les électeurs, les groupes communautaires et les lobbyistes. Si de nombreux partis ont également des groupes thématiques, les groupes multipartites exercent une influence compensatrice sur la partisanerie croissante en réunissant des parlementaires de tous bords.

Le 15 octobre à 11 heures (heure de l’Est), trois parlementaires de différents partis politiques participeront à une table ronde à DemocracyXChange sur la manière dont la foi peut être un véhicule de dialogue à une époque de polarisation partisane. Elizabeth May (Parti vert), Garnett Genuis (Parti conservateur) et Anthony Housefather (Parti libéral) discuteront de la manière dont la religion peut jouer un rôle positif dans la politique publique et de la meilleure façon de s’engager auprès de citoyens de diverses religions. J’ai travaillé avec le Dr John Milloy, ancien ministre du gouvernement de l’Ontario et directeur du Centre d’éthique publique du Martin Luther University College, pour organiser cette conversation. Nous espérons que la discussion mettra en évidence des concepts et des principes qui transcendent les différences partisanes et favorisent un espace de dialogue public plus solide.