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Ontario Parents Action Network

Ontario Parents Action Network sur l’importance de l’intersection avec d’autres efforts d’organisation.

Parlez-nous d’Ontario Parents Action Network. Comment décririez-vous son objectif et ce qui le rend unique ?

Nous sommes un collectif de parents et d’autres membres de la famille qui s’est réuni dans un moment de crise, en raison des menaces d’attaques supplémentaires et du définancement de l’éducation publique par le gouvernement de Doug Ford. Nous avons lancé une campagne pour résister à ces coupes et pour travailler explicitement en solidarité avec les travailleurs de l’éducation qui se dirigeaient vers la négociation avec le gouvernement. Puis nous avons pivoté pour faire face aux circonstances désastreuses dans lesquelles se trouve l’éducation publique pendant cette pandémie. Nous avons vu le gouvernement présenter des plans inadéquats et déficients pour lutter contre la transmission du virus par le biais de protocoles de sécurité et de santé appropriés pour les travailleurs, les enfants et la communauté au sens large. Nous voyons les conséquences de l’incapacité à planifier de manière adéquate la réouverture des écoles lors des récentes éclosions. Notre campagne porte désormais sur des écoles saines, sécuritaires et équitables.

Ce qui nous rend uniques, c’est que nous relions la lutte pour une éducation publique correctement financée à une politique plus large, en comprenant que les services publics en général ont été si sous-financés. Nous essayons de fournir une perspective alternative au cadre dominant offert par la plupart des gouvernements, qui adhèrent à l’austérité et au néolibéralisme. Nous essayons de contrer cela explicitement en parlant de la polarisation croissante et de plus en plus profonde en termes de revenus et d’équité dans cette province, ce pays et dans le monde.

Votre site web contient une liste de revendications de #SafeSeptember comme la réduction de la taille des classes et l’augmentation des fonds pour le soutien aux étudiants. Vous y incluez également des demandes relatives à la lutte contre le racisme, à la protection des travailleurs et au logement. Pourquoi est-il important de s’entrecroiser avec d’autres efforts d’organisation ?

Il est vraiment important pour nous de nous assurer que nous comprenons la sécurité dans notre système scolaire comme un concept qui va bien au-delà des spécificités de cette pandémie. Nous voulons faire écho à l’appel lancé depuis longtemps par de nombreux organisateurs, communautés racialisées et dirigeants communautaires, selon lequel il y a eu des crises qui se chevauchent dans l’éducation publique depuis des décennies. Ils demandent donc que la police soit retirée de toutes les écoles publiques, que les programmes d’enseignement soient mis à jour et cessent de refléter une vision du monde fondée sur la suprématie blanche, c’est-à-dire qu’il faut soutenir l’intégration de la vie et de l’histoire de tous les élèves dans les salles de classe et des adultes qui les soutiennent.

Le gouvernement doit aborder la sécurité comme un concept plus large que celui du bien-être. Il s’agit de se sentir écouté et de ne pas avoir de conditions discriminatoires oppressives dans le système scolaire. Il ne s’agit pas seulement de ce qui se passe en classe, mais des conditions de vie.  Nous devons également parler des moyens de garantir un logement permanent et digne, d’aborder les déserts alimentaires et de résoudre d’autres types de problèmes sociaux. Il ne s’agit pas seulement des résultats des tests COVID-19. Il s’agit de communautés prospères et de changements tangibles qui garantissent une bonne qualité de vie pour tous.

Parlez-nous de #SafeSeptember comme d’une campagne et d’un moyen de mobilisation.

Voyez #SafeSeptember comme un concept, un cri de ralliement qui résume ce pour quoi nous nous battons. C’est une campagne que nous avons lancée avec d’autres groupes de parents et de travailleurs de l’éducation. Elle a connu un grand succès – c’est un hashtag international. Il y a maintenant des groupes qui suivent ou qui s’alignent dans la plupart des provinces du pays. Nous avons travaillé pendant l’été, en essayant de faire pression sur le gouvernement pour qu’il alloue les fonds et les ressources nécessaires afin de maintenir la transmission communautaire à un niveau minimum. Il s’agissait de veiller à ce que les enfants et le personnel disposent d’un plan de retour sûr, durable et équitable. Nous pensons avoir accompli beaucoup de choses, mais pas ce qui était nécessaire. Le gouvernement n’a pas alloué les fonds nécessaires et a doublé son refus de répondre aux préoccupations profondes des parents, des grands-parents, des épidémiologistes, des médecins – tant de personnes qui ont un intérêt dans #SafeSeptember. C’est choquant et vraiment troublant.

Qu’est-ce qu’on peut apprendre des méthodes d’organisation pendant une pandémie?

Le niveau de mobilisation aux États-Unis a eu un impact ici sur la motivation et l’inspiration. Beaucoup de gens comprennent cela en ce moment. Les enjeux sont très élevés et ils sont prêts à se mettre en danger d’une manière qui ne semblait pas possible ou qui ne semblait pas aussi décisive que maintenant. Nous sommes à un moment charnière très important en tant que société et en tant que planète.

Cela dit, il est toujours important d’être vraiment créatif lorsqu’on essaie principalement de mobiliser les parents, car leur temps, surtout pendant la pandémie, où il faut équilibrer le travail avec les enfants, a été terriblement épuisé. Vous savez donc que tout le monde a besoin d’aide, d’un exutoire pour sa frustration et sa colère et de sentir qu’il fait partie d’un mouvement qui essaie d’améliorer les choses. Nous avons tendance à utiliser un modèle décentralisé qui permet aux gens d’agir au niveau local – avec leur représentant du gouvernement local ou dans leur école. C’est la tendance que nous essayons de maintenir parce que nous avons constaté que c’est la plus efficace pour mobiliser les gens. Nous devons également nous assurer que nous ne faisons pas trop ou pas trop peu. Nous essayons de rester en contact sans en demander trop.

Nous sommes maintenant bien avancés dans le mois de septembre. Alors, que va-t-il se passer ?

Nous pensons que la prochaine étape consiste à continuer à se battre pour les améliorations nécessaires, et pas seulement dans les écoles. Certainement dans les écoles, mais aussi à un niveau plus large pour faire baisser la transmission communautaire qui, à ce stade, est terriblement élevée. Ce que nous voulons, c’est pouvoir voir la situation s’améliorer afin que les écoles puissent rester ouvertes pendant la pandémie. Mais nous sommes loin d’avoir les conditions nécessaires pour cela maintenant. C’est donc le genre de circonstances que nous allons examiner et auxquelles nous allons nous attaquer en étroite collaboration avec les parents leaders dans différentes parties de la province. Nous sommes également en relation avec différentes organisations de travailleurs de l’éducation pour nous assurer que nous avons un front vraiment uni, afin que nous puissions monter une résistance aussi large et puissante que possible.

Pour les personnes qui souhaitent s’engager avec vous, comment peuvent-elles le faire ? Qui peuvent-ils contacter ?

Rejoignez-nous sur Twitter, Facebook et visitez notre site web.

Amber Williams-King (crédit d’artiste et image)

 

Ontario Parents Action Network est un collectif de parents, de tuteurs et de grands-parents inquiets qui s’organise pour résister aux coupes du gouvernement Ford dans l’éducation publique. Nous voulons des écoles entièrement financées et équitables pour nos enfants, et nous sommes solidaires des travailleurs de l’éducation.

 

Nous vivons un moment sans précédent pour la démocratie au Canada. Nous avons donc créé Sector Spotlight pour découvrir comment les principaux acteurs y réagissent. Nous espérons ainsi soutenir le partage des connaissances et susciter de nouvelles connexions en dressant le portrait d’un large éventail d’initiatives de partout au pays. Vous avez des idées pour notre prochain Sector Spotlight? Contactez-nous!

Ryerson Leadership Lab

Karim Bardeesy et Braelyn Guppy sur comment saisir des opportunités de mobilisation pendant une pandémie.

Parlez-nous du Ryerson Leadership Lab. Comment décririez-vous son objectif et ce qui le rend unique ?

Le Ryerson Leadership Lab est un groupe de réflexion orienté vers l’action qui travaille à l’intersection entre les politiques publiques et le développement du leadership pour faire progresser nos défis civiques les plus urgents. Grâce au développement du leadership, à la mobilisation civique et à l’activation des politiques et de la recherche, nous construisons une nouvelle génération de dirigeants et de créateurs de changement compétents et adaptifs, à tous les âges et à tous les stades, pour créer une société plus fiable et plus inclusive. 

Nous aspirons à cultiver le pouvoir et la connaissance et à les relier au pouvoir existant. Nous espérons développer la capacité à apporter des changements durables et trouver des lieux d’action directe sur les questions qui nous concernent tous. Nous sommes l’un des seuls groupes de réflexion canadiens qui travaille, dans cet espace hybride, à combiner le besoin de recherche, de leadership et de connaissance en matière de politiques publiques pour apporter créer du changement. 

Nous naviguons tous de différentes manières face à la pandémie mondiale. Quel est l’élément clé de la réponse du Ryerson Leadership Lab à la crise ?

Lorsque la pandémie a commencé à prendre toute sa force et que des mesures de distanciation physique ont été mises en œuvre, nous avons fait de notre mieux pour nous orienter vers de nouveaux courants d’engagement et d’activation. Voici deux exemples de travaux que nous réalisons de manière innovante au Ryerson Leadership Lab.

En collaboration avec le Brookfield Institute for Innovation and Entrepreneurship et Matthew Mendelsohn, nous avons lancé First Policy Response, un projet qui rassemble les meilleures idées de politiques publiques sociales et économiques pour nous maintenir à flot pendant la crise actuelle et pour nous préparer à une reprise équitable. Par ce biais, nous avons partagé des commentaires originaux visant à évaluer les lacunes et les possibilités pour les gouvernements et les institutions de fournir des programmes plus favorables aux Canadiens. Nous avons élargi la conversation en organisant des assemblées publiques participatives en ligne auxquelles ont participé des penseurs et des praticiens de premier plan ainsi que des gens de partout au Canada. Récemment, First Policy Response a créé un fonds visant à permettre aux personnes appartenant à ces groupes de mieux présenter leurs idées et leurs contributions, en accordant la priorité aux écrivains et contributeurs Noirs et autochtones. Le fonds soutiendra également les écrivains et les contributeurs d’autres groupes sous-représentés, notamment les personnes de couleur, les personnes handicapées, les jeunes ainsi que les chômeurs ou les personnes à faible revenu. Nous avons immédiatement constaté une augmentation du soutien et l’émergence d’une communauté politique plus forte et plus connectée. Ce soutien s’appuie sur l’objectif commun du Leadership Lab et de First Policy Responses, c’est-à-dire amplifier la diversité des idées en matière de politiques publiques et amplifier les voix qui se trouvent en première ligne de l’élaboration de politiques inclusives.

Nous avons également lancé le Cybersecure Policy Exchange, une nouvelle initiative visant à faire progresser les politiques publiques efficaces et innovantes en matière de cybersécurité et de confidentialité numérique en partenariat avec Rogers Cybersecure Catalyst, propulsé par RBC. Nous en avons devancé le lancement pour répondre à la crise en organisant un certain nombre de conversations vidéo portant sur les problèmes urgents en matière de cybersécurité créés ou exacerbés par la COVID-19, dont la fracture numérique et la protection de la vie privée dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Nous avons également lancé notre rapport inaugural, The Race to Trace, qui porte sur la sécurité et la confidentialité des applications de recherche de contacts. Ce dernier comporte notamment un sondage mené auprès de 2 000 Canadiens ainsi que cinq recommandations essentielles que le gouvernement devrait mettre en œuvre dans toute stratégie nationale de recherche de contacts. Nous avons également lancé notre agenda de politiques publiques, qui souligne l’urgence d’une nouvelle politique en matière de cybersécurité et de confidentialité numérique. Nous présentons également trois technologies à fort impact sur lesquelles nous concentrerons nos recherches cette année : les plateformes de médias sociaux, « l’Internet des objets » et la biométrie. 

Grâce à ces deux initiatives, nous avons pu constater le pouvoir du partage des connaissances entre les communautés et la diffusion rapide d’idées accessibles et créatives. Il est clair que les gens peuvent être éloignés les uns des autres, mais ils ne sont pas déconnectés. Au contraire, ils sont avides de possibilités d’activation, de politiques orientées vers l’avenir et de conversations axées sur l’action concernant les défis urgents auxquels nous faisons face.  

Selon vous, quel est le plus grand défi que doit relever la démocratie canadienne ? Comment relevez-vous ce défi, quelles solutions proposez-vous ?

Nous avons un déficit de confiance en nos institutions publiques. Partout au pays, les Canadiens se sentent déconnectés des systèmes qui représentent les communautés et qui gouvernent les intérêts du public. Nos institutions ont été créées pour éliminer les obstacles à l’accès, pour promouvoir la cohésion sociale et pour représenter les personnes qu’elles servent dans l’élaboration de leurs politiques. Sans la confiance inhérente en le fait que le bien public est au cœur de chaque décision institutionnelle, les citoyens se sentiront coupés des systèmes démocratiques.

Nous devons rétablir la confiance à tous les niveaux. En nous réunissant autour d’enjeux et de politiques publiques, nous pouvons favoriser l’engagement civique, l’action politique et la mobilisation des communautés. Pour rétablir la confiance, il faudra une immense collaboration et une meilleure compréhension entre les communautés afin d’élever les priorités de notre future société. Plusieurs hypothèses de base doivent être formulées. D’abord, la société dans son ensemble doit cultiver cette conviction inhérente que le gouvernement et ses systèmes sont bons – peut-être imparfaits – mais fondamentalement conçus pour soutenir leurs électeurs. Deuxièmement, nous devons faire participer et écouter les groupes, comme les jeunes, les communautés noires et autochtones, notre population vieillissante, qui se sont sentis exclus ou brimés dans leur participation aux processus démocratiques qui sont censés les servir. Si nous parvenons à mobiliser les connaissances, les communautés, la recherche et l’appétit de changement, nous assisterons à un mouvement sur nos enjeux civiques les plus urgents et nous réussirons à instaurer la confiance par la voie de l’action.

Pourriez-vous partager une idée ou une initiative liée au renforcement de l’engagement civique ou de la participation démocratique qui vous inspire ? Cela pourrait être lié à votre travail ou à quelque chose que vous voyez se produire dans le secteur. 

Je suis constamment inspirée. Des coalitions de communautés travaillent aux premières lignes de la démocratie pour créer des changements concrets. Leur passion est inspirante. Des travailleurs de la santé protègent notre santé publique nationale au risque de la leur. Leur engagement est inspirant. Et que dire des rassemblements de solidarité contre le racisme anti-Noir et les inégalités structurelles : leur pouvoir est inspirant. Dans tout le pays, il existe des communautés de personnes qui créent des changements et prennent des mesures collectives en vue d’arriver à une société plus inclusive. J’admire leur ténacité et j’espère que nous pourrons honorer ce leadership à notre manière, par notre travail, au Ryerson Leadership Lab. 

Je suis également inspirée par les étudiants du Ryerson Leadership Lab qui, dans le cadre du cours phare Making the Future, consacrent leur temps à l’action collective au sein de leur communauté, et cela, au travers de leurs études, de leurs responsabilités de soignants et de leurs divers autres emplois. Le laboratoire a récemment lancé un nouveau segment de médias sociaux intitulé « Je suis un faiseur de changement » qui vise à offrir une plateforme dédiée à faire briller les récits des étudiants et à mettre en valeur le travail de jeunes passionnés. Notre dernière découverte est Cristal Hines. Elle est une leader en matière de participation politique des jeunes dans la région de Durham. Sa plus récente initiative, Youth Vote Counts, est une organisation communautaire qui vise à développer les connaissances politiques chez les jeunes de 18 à 29 ans. Elle est née suite aux élections fédérales de 2019 dans le but d’éduquer les membres de sa communauté qui cherchaient des ressources sur. Vous pouvez en apprendre plus sur leur travail sur notre site web ici

Parlez-nous de la manière dont le Ryerson Leadership Lab rend son travail plus inclusif et renforce l’engagement avec les différentes communautés. Avez-vous des conseils ou des leçons à partager avec d’autres personnes du secteur sur la réduction des obstacles à la participation ?

Le Ryerson Leadership Lab travaille à l’intersection du leadership et de la politique. Notre travail consiste à créer des connaissances sur des questions et à les mettre en relation avec les institutions où ces questions sont débattues.

Nous avons récemment pris en charge la direction de la Coalition for Alternatives to Streaming in Education (CASE). Ce groupe vise à faire progresser l’équité dans nos systèmes d’éducation publics, qui orientent de manière disproportionnée les étudiants Noirs vers des programmes appliqués plutôt que vers des programmes académiques. Les étudiants des programmes appliqués ont moins accès aux possibilités d’études postsecondaires et ont un taux d’obtention de diplôme nettement inférieur. Le CASE souhaite faire tomber les barrières qui empêchent les étudiants marginalisés d’exceller et de progresser ainsi qu’à générer des opportunités équitables afin qu’aucun étudiant ne soit laissé pour compte dans notre système d’éducation public. À la mi-juillet, nous avons constaté que l’engagement et la mobilisation de la communauté peuvent réellement conduire au changement lorsque le gouvernement de l’Ontario a annoncé qu’il travaillerait à cesser la séparer les élèves de 9ème année entre les profils appliqués et académiques. Nous devons maintenant poursuivre notre travail pour participer à la mise en œuvre efficace de cette nouvelle répartition des groupes. 

Les conversations orientées vers l’action sont le seul moyen d’apporter des changements significatifs. L’action, et même le changement, peuvent avoir une signification différente pour chacun, même pour ceux qui poursuivent le même objectif. Pour encourager la participation à la conversation et à l’action, nous devons trouver des points communs et une communauté dans le diagnostic des questions qui nous importent, mobiliser les connaissances collectives et aller de l’avant. 

Y a-t-il des demandes spécifiques du Ryerson Leadership Lab pour le secteur plus large – les choses pour lesquelles vous avez besoin d’aide, les problèmes que vous essayez de résoudre ou les souhaits que vous avez ?

Un problème que le Ryerson Leadership Lab tente de résoudre est celui d’aider à s’engager sur les enjeux clés qui sont le plus souvent traités en silos par des experts, sans l’intervention des jeunes, du public ou des communautés touchées. Nous essayons d’en faire plus dans notre travail, en activant les résultats de nos recherches par le biais d’opportunités de convocation, d’entretiens, de tables rondes et autres, ainsi qu’en engageant notre base d’étudiants par le biais de nos cours et formations de développement du leadership.

Notre plus grand souhait serait que les institutions apportent les changements que nous proposons en matière d’équité dans l’éducation, qu’elles adoptent la technologie « privacy-by-design », qu’elles prennent des mesures en faveur du climat et qu’elles s’engagent auprès des jeunes sur les questions qui les concernent. Les institutions publiques doivent inclure cette nouvelle génération de créateurs de changement dans leurs conversations, en particulier autour des enjeux urgents de politique publique, notamment celles qui ont un impact sur les communautés qui seront en retrait de la pandémie actuelle. Nous espérons que la communauté poursuivra son travail en faisant entendre des voix de tous âges et de tous niveaux dans les conversations sur nos questions civiques les plus urgentes afin d’apporter des changements à tous les niveaux.  

 

Le Ryerson Leadership Lab est un groupe de réflexion orienté vers l’action qui travaille à l’intersection des politiques publiques et du développement du leadership pour faire progresser nos défis civiques les plus urgents. Grâce au développement du leadership, à la mobilisation civique et à l’activation des politiques et de la recherche, nous construisons une nouvelle génération de dirigeants et de créateurs de changement compétents et adaptables, à tous les âges et à tous les stades, afin de bâtir une société plus fiable et plus inclusive. 

Une politique sociale fondée sur les droits : Notre avenir post-pandémique en a-t-il besoin ?

La pandémie de COVID-19 a mis notre démocratie à la croisée des chemins. La voie que nous choisissons maintenant façonnera notre avenir. Allons-nous continuer à renforcer notre démocratie et à affirmer nos engagements en matière de droits humains, d’équité et de justice ? Ou bien allons-nous nous rabattre sur le statu quo pré-pandémique ? 

Lorsque nous mettons « démocratie » et « droits humains » dans la même phrase, vous pourriez penser à des choses comme des élections équitables, un système judiciaire indépendant et une presse libre. Ce sont nos droits civils et politiques, et au Canada, nous avons tendance à nous concentrer sur ceux-ci. Mais nous ne pouvons pas oublier les droits économiques et sociaux. 

Les droits économiques et sociaux sont ceux qui concernent l’emploi, la sécurité sociale et l’accès au logement, la nourriture et l’eau, l’éducation, la santé et un niveau de vie adéquat. Ce sont les droits qui nous permettent de vivre dans la dignité et de participer pleinement à la société. Comme les droits civils et politiques, ce sont des droits humains fondamentaux, inhérents à toute personne. 

Si les efforts visant à renforcer notre démocratie se concentrent souvent sur les droits civils et politiques, tels que le droit de vote, les droits économiques et sociaux sont tout aussi fondamentaux et indivisibles. Pour mener une vie digne, nous devons être en mesure de réaliser tous ces droits. 

L’idée de démocratie est souvent réduite au simple concept de « la majorité l’emporte », sans tenir compte des systèmes et de la culture de l’information qui produisent cette majorité. Par exemple, nous avons vu que le simple fait d’affirmer que les gens peuvent élire un autre gouvernement par les urnes à quelques années d’intervalle n’a pas permis de lutter efficacement contre la vague croissante de populisme, ni contre les quantités vertigineuses de désinformation et de méfiance à l’égard des institutions qui l’accompagnent.

Choisir de renforcer notre démocratie exige que nous nous attaquions de front aux inégalités entre les races, les genres et les niveaux de revenus. Il faut également que chaque personne ait accès à l’ensemble des droits humains afin de pouvoir participer pleinement à la vie civique. Par exemple, l’un de nos droits les plus fondamentaux est le droit à un domicile stable – un domicile où vous pouvez recevoir votre carte d’information de l’électeur, par exemple, par la poste.

La pandémie de COVID-19 a montré que les filets de sécurité sociale au Canada et dans le monde entier sont déchirés et ont désespérément besoin d’être réparés. Pour contribuer à garantir à tous un niveau de vie minimum, nous devons procéder à des réformes structurelles et mettre en place des politiques sociales fortes. 

Comment y parvenir ? 

Se concentrer sur une politique sociale ancrée dans les droits humains pourrait être un bon début. Une politique fondée sur les droits se concentre sur la réalisation progressive des droits, c’est-à-dire sur des progrès réguliers vers les conditions qui permettent aux gens de réaliser leurs droits dans leur vie quotidienne. Elle se concentre également sur la mise en place et le renforcement des structures qui soutiennent les droits humains, comme les mécanismes de responsabilisation et les moyens permettant aux personnes de demander réparation si elles ne peuvent pas accéder à leurs droits. Elle articule les principes des droits humains et s’efforce de mettre en place les infrastructures qui soutiennent ces principes. Pour certains, il s’agit simplement de « bonnes politiques publiques ».

Pour d’autres, une politique sociale fondée sur les droits peut n’être qu’un objectif noble sans aucune application pratique, une distraction qui rendra l’élaboration de politiques compliquée et lente. Ou pire encore, un impératif qui aboutira à gouverner par décret, à interférer avec la démocratie en écartant les mandats des gouvernements légitimement élus. 

Le 15 octobre, Maytree et d’autres organiseront une table ronde à DemocracyXChange pour approfondir la question des droits économiques et sociaux, de la politique sociale fondée sur les droits et de la démocratie. Nous nous pencherons sur des questions telles que : Avons-nous besoin de processus politiques fondés sur les droits pour obtenir les résultats que nous souhaitons? Cela interfère-t-il avec les processus démocratiques ou permet-il une participation équitable à la démocratie?

Chacun est le bienvenu pour entendre des experts discuter de ce à quoi devraient ressembler les fondements de notre reprise post-pandémique. Nos panélistes présenteront un large éventail de perspectives et s’inspireront des leçons tirées du Canada et du monde entier, en se posant la question suivante : « Que devons-nous à chacun et comment y parvenir ? »

Mise à jour sur DemocracyXChange

Open Democracy Project est le co-fondateur de DemocracyXChange – le sommet annuel de la démocratie au Canada. Rejoignez-nous pour saisir cette opportunité de renforcer notre démocratie lors de la reprise économique post-COVID-19. Cette année, notre programme se déroulera en deux parties:

  • Notre sommet virtuel (13-15 octobre) abordera des questions cruciales comme l’inégalité systémique, la pertinence de nos institutions publiques et la façon dont nous pouvons répondre avec imagination à ce défi mondial.
  • Notre Festival (16-22 octobre) permettra aux participants d’approfondir leur engagement avec le contenu du programme en assistant à des ateliers en ligne, des sessions de formation et des événements organisés par des organisations à but non lucratif, des associations et des groupes communautaires.

Payez une contribution volontaire pour accéder au Sommet et au Festival. Parmi les conférenciers confirmés, on compte : Hahrie Han, le ministre Dominic LeBlanc, Sheri Berman, Oren Cass, Elizabeth May, Corey Doctorow, Waubgesheg Rice et d’autres.

Parmi les participants confirmés au Festival figurent CIVIX, Massey College, Mosaic Institute, Institute for Change Leaders et d’autres à venir.

Inscrivez-vous dès maintenant.

Doctors for Defunding Police

Semir Bulle of Doctors for Defunding Police sur la façon dont les professions peuvent utiliser leur privilège pour lutter contre le racisme systémique.

Vous êtes co-fondateur de Doctors for Defunding Police. Parlez-nous de votre parcours et du but de ce travail ?

Mes parents étaient des réfugiés. J’ai grandi dans un quartier défavorisé de Toronto où j’ai eu beaucoup d’interactions avec la police. Je pense qu’en un an, j’ai subi plus d’une douzaine de contrôles d’identité. Tous les membres de ma communauté ont vécu des expériences similaires, voire pires. Lorsque je suis arrivé à l’Université de Toronto pour mes études de médecine, j’ai trouvé d’autres médecins qui s’occupaient d’organisations communautaires. Cela a donné naissance à Doctors for Defunding Police, un collectif de médecins racisés qui s’engage pour la santé de nos communautés. Nous travaillons dans la région du Grand Toronto et nous nous sommes rassemblés pour être solidaires face aux appels des communautés noires et autochtones à lutter contre le racisme systémique anti-Noirs et anti-Autochtones.

Lorsque nous sommes confrontés à une crise de santé mentale ou à une surdose de drogue, nous devons nous demander si le fait d’appeler la police améliorera ou aggravera la situation de notre patient. Nous reconnaissons que notre système de santé est complice du racisme systémique et travaille souvent de concert avec les services de police, en particulier en ce qui concerne les crises de santé mentale. Le définancement de la police et la réaffectation de fonds pour soutenir les systèmes d’intervention soutenus par la recherche en santé publique rendront nos communautés plus sécuritaires et plus saines.

Nous vivons tous la pandémie mondiale de différentes manières. Quels sont les principaux enseignements tirés de la mobilisation de Doctors for Defunding Police pendant cette période ?

Doctors for Defunding Police a été créé pendant la pandémie alors que ce contexte change drastiquement la façon dont nous nous organisons. Nous avons tout fait en ligne – avec Twitter, nous pouvons être transparents sur qui nous sommes et sur notre travail. Nous pouvons partager des informations avec nos communautés au travail et dans nos vies. C’est ainsi que nous avançons et que nous avons construit notre audience, notamment en fournissant des informations et du contenu éducatif sur des questions qui les touchent et que les médias n’abordent pas. Les personnes qui travaillent en première ligne et les travailleurs essentiels n’ont pas le temps de décrire comment les problèmes systémiques les affectent. C’est notre travail, de fournir une base de soutien qui reflète leur réalité et qui montre que nous nous en préoccupons réellement. Rassembler les gens de cette manière en ligne crée un tampon et une base à partir de laquelle on peut faire pression pour un changement institutionnel.

Dans votre communiqué de presse, vous décrivez le maintien de l’ordre comme une crise de santé publique. Quelle est l’importance d’utiliser la santé comme un angle pour lutter contre le racisme systémique anti-Noirs et anti-autochtones ? Y a-t-il un lien avec une démocratie saine ?

Le racisme systémique est une question de vie ou de mort pour nous. En tant que médecins, nous sommes des défenseurs et faisons partie de la communauté, les soins de santé ne s’arrêtent pas à la seconde où vous sortez de notre bureau. À l’école de médecine, on nous enseigne les déterminants sociaux de la santé – comment la médecine représente 20 % de la solution et que les 80 % restants se trouvent dans notre environnement et nos communautés. Un rapport récent de la Commission des droits de l’homme de l’Ontario a révélé que les Noirs ont 20 fois plus de risques de se faire tirer dessus que les autres. Comment pouvons-nous fonctionner comme société en sachant cela ?

Nous essayons de faire le lien entre tous les éléments importants : la reconnaissance de l’importance des traumatismes intergénérationnels, la reconnaissance du fait que les quartiers mieux dotés en ressources ont une meilleure qualité de vie, la reconnaissance que les enfants des quartiers faisant l’objet d’une surveillance policière excessive finissent plus souvent dans le système de justice pénale. La démocratie devrait donner aux gens le sentiment d’avoir leur mot à dire dans l’organisation de leur communauté. Ce n’est pas le cas actuellement et nous voulons changer les choses. Durant la pandémie à Toronto, nous savons que ce sont les communautés racisées qui ont le plus souffert : c’est là que vivent bon nombre de nos travailleurs de première ligne, où la distanciation sociale a été la plus difficile et où l’accès à des unités de dépistage mobiles n’a pas été possible. Quelles sont les répercussions de cette situation ? Nous devons faire comprendre aux gens que la démocratie, c’est faire partie d’une communauté et de quelque chose de plus grand que soi-même. Nous pensons que la société fonctionnera mieux lorsque la qualité de vie de tous les citoyens sera au centre des préoccupations.

Pourquoi est-il important de s’organiser en tant que profession en ce moment ?

Les médecins ont beaucoup de privilèges et nous essayons d’en tirer parti, tout comme notre connaissance des communautés, pour demander des améliorations pour notre société. La pandémie nous a donné une fenêtre importante pour faire la différence. Nous sommes conscients que d’autres professions ne peuvent pas nécessairement nous rejoindre sur cette voie, alors que certaines d’entre elles se heurtent à des obstacles. Nous voulons toutefois au moins montrer ce qui est possible d’accomplir : il est possible de s’organiser. Si d’autres veulent se joindre à nous, nous voulons qu’ils sachent que nous souhaitons collaborer et nous associer. L’ère numérique signifie que nous n’avons pas besoin d’être cloisonnés dans nos efforts, nous devons travailler ensemble et les groupes les plus privilégiés doivent être les premiers à appeler au changement parce qu’ils peuvent s’en tirer le mieux possible.

Pourriez-vous partager une idée ou une initiative liée au renforcement de l’engagement civique ou de la participation démocratique qui vous inspire ?

Je suis inspiré par Nurses for Abolition, qui considèrent la sur-incarcération des Noirs et des autochtones comme un problème de santé publique. L’organisation est basée à Halifax et utilise son statut professionnel pour demander l’abolition de la police et des prisons.

Pour les personnes qui souhaitent s’engager avec vous, comment peuvent-elles le faire ? Qui peuvent-ils contacter ?

Nous sommes présents sur Twitter et Facebook et disposons d’une liste de diffusion. Notre site web contient une lettre ouverte sur le maintien de l’ordre en tant que crise de santé publique – nous invitons les médecins à s’y inscrire en tant que signataires.

 

Doctors for Defunding Police est une initiative de quelques médecins préoccupés par les effets néfastes de la police anti-Noirs et anti-Autochtones sur la santé des habitants de Toronto. Nous sommes un collectif de médecins racisés engagés dans la santé de nos communautés.

 

Nous vivons présentement un moment sans précédent pour la démocratie au Canada. C’est pourquoi nous avons créé Profil Sectoriel, pour savoir comment les principaux praticiens y réagissent. Notre espoir est de soutenir le partage des connaissances et de susciter de nouvelles connexions en dressant le profil d’un large éventail d’initiatives dans les régions du pays. Vous avez des idées pour notre prochain Sector Spotlight? Contactez-nous!

Le Projet Prosperité

Lois Nahirney sur la façon dont le succès et le bien-être des femmes sont directement liés à la reprise sociale et économique du Canada après la COVID-19.

Parlez-nous du Projet Prosperité. Comment décririez-vous son objectif et ce qui le rend unique ?

Le Projet Prospérité a été fondé pour reconnaître et contrecarrer l’impact disproportionné que la pandémie de la COVID-19 a sur les femmes canadiennes. Le projet vise essentiellement à faire progresser l’égalité des sexes et à garantir la prospérité économique des femmes. Nous avons fait d’importants progrès au cours des 40 dernières années et il est essentiel de veiller à ce que la pandémie ne les efface pas. Nous sommes convaincues qu’en œuvrant pour un avenir prospère et équitable pour toutes les femmes, nous améliorerons la société dans son ensemble.

La collaboration est véritablement au cœur du Projet Prospérité, qui rassemble un groupe diversifié de plus de 60 femmes leaders de partout au Canada, qui visionnaires fondatrices. Le Projet est né d’une idée de Pamela Jeffery, qui a eu l’idée qu’en réunissant des femmes leaders de tout le pays, nous pourrions contribuer à atténuer l’impact de la pandémie sur les femmes. Nous sommes également en train d’intégrer une centaine d’autres visionnaires et d’autres partisanes afin de nous assurer que nous soyons représentativves de la population canadienne.

Nous naviguons tous de différentes manières face à cette pandémie. Quel est l’élément clé de la réponse du Projet Prospérité à la crise ?

Nous vivons une période particulièrement difficile pour nos communautés, nos familles et notre pays. Les femmes ont connu un pourcentage plus élevé de pertes d’emploi et de licenciements pendant la pandémie. Elles ont également écopé de plus de responsabilités à la maison, dont la garde des enfants à plein temps, l’éducation à domicile et les soins aux personnes âgées, et ce, tout en essayant de maintenir leur productivité professionnelle. Le Projet Prospérité désire contribuer à remédier à cette situation. La santé et le redressement social et économique du pays sont dépendants de la réussite et le bien-être des femmes est essentiel.

Nous avons créé cinq différentes initiatives afin de répondre à la pandémie. La première vise à associer des professionnels à des organisations à but non lucratif axées sur les femmes – les professionnels aident ces organisations à réinventer leurs modèles d’entreprise et à trouver des moyens de répondre aux besoins urgents et croissants des femmes qu’elles servent. La seconde est notre étude sur la prospérité, qui est la première étude nationale multigénérationnelle à long terme et inclusive en ligne au Canada. Elle porte sur 10 000 femmes de toutes les strates socio-économiques. Elle permettra notamment de découvrir et de partager des solutions pratiques qui fourniront aux employeurs et aux décideurs politiques des indications sur les mesures à prendre afin d’améliorer l’égalité entre les sexes.

Nous savons que les femmes effectuent ou influencent jusqu’à 80 % des achats des ménages. Nous avons donc créé l’Indice des dépenses des ménages, qui sert de baromètre de la confiance en l’économie canadienne pendant les périodes de reprise et d’après-récession de la COVID-19. Il mesurera les variations mensuelles de l’activité économique, en se basant sur un panel de femmes de toutes les strates socio-économiques du pays.

Notre quatrième initiative est une campagne conçue pour augmenter le taux de participation des femmes au marché du travail, le nombre de diplômées et de travailleuses dans le domaine des STEM, le nombre de femmes exerçant un métier spécialisé ainsi que le nombre de femmes occupant (ou en voie d’occuper) des postes de direction et de décision dans les périodes de pré-reprise, de reprise et de post-reprise de la pandémie de la COVID-19.

Enfin, nous suivrons les femmes occupant des postes de direction, de cadres supérieurs et en voie d’accéder à ces postes au sein des 500 plus grandes sociétés publiques, sociétés d’État et filiales multinationales du Canada. Grâce à cette recherche inclusive, nous mettrons en lumière les femmes qui s’identifient également comme autochtones ou comme LGBTQ2+, les femmes de couleur ainsi que les personnes handicapées. Nous souhaitons que ces données améliorent la transparence et la responsabilité de ces organisations et qu’elles éclairent les politiques et les meilleures pratiques en matière d’égalité des sexes et de planification de la relève.

Notre réponse à la crise consiste à veiller à ce qu’une perspective de genre soit appliquée au rétablissement du Canada après la pandémie. Pour ce faire, nous nous appuyons sur la richesse des connaissances des femmes leaders de partout au pays afin d’obtenir des idées et du soutien. La collaboration est au cœur de notre réponse : nous voulons qu’elle reflète la société canadienne et reconnaisse les besoins particuliers des femmes dans les communautés de partout au pays.

Nous savons que les femmes – en particulier les femmes de couleur et celles qui travaillent en première ligne – ont été touchées de façon disproportionnée par la COVID-19. Les fermetures d’écoles et la pénurie de places en garderie ont aggravé la situation. Quel est le lien avec le travail du Projet Prospérité ?

Ces questions ont été au cœur de la mise en place du Projet Prospérité. Nous voulons nous assurer que les personnes qui participent au Projet comprennent et représentent les femmes de couleur, les femmes en première ligne ainsi que les femmes qui sont touchées de manière disproportionnée par la pandémie. Chacune de nos initiatives vise à répondre à cette réalité.

Parlez-nous de la manière dont le Projet Prospérité rend son travail plus inclusif et renforce l’engagement avec les différentes communautés. Avez-vous des conseils ou des leçons à partager avec d’autres personnes du secteur sur la réduction des obstacles et l’augmentation de la participation ?

Nous appliquons une optique intersectionnelle et d’inclusion pour servir les femmes qui s’identifient également comme autochtones et/ou comme LGBTQ2+, les femmes de couleur, les réfugiées ainsi que les personnes handicapées. Nous reconnaissons que différentes approches sont nécessaires pour répondre aux besoins distincts de toutes les femmes canadiennes, y compris les femmes des Premières nations, les Inuites et les Métisses. Nous identifions actuellement des organisations partenaires afin d’offrir nos programmes d’une manière qui soit socialement et culturellement sensible. Nous souhaitons également informer les organisations et les entreprises sur les mesures qu’elles peuvent prendre pour être inclusives et accommodantes, afin que cette cette approche fasse désormais partie de notre façon de faire des affaires.

Le Projet Prospérité comporte-t-il des demandes spécifiques pour le secteur au sens large ? Des choses pour lesquelles vous avez besoin d’aide, des problèmes que vous essayez de résoudre ou des souhaits que vous avez ?

Les femmes représentent 50 % de l’économie. Une étude récente a démontré que lorsqu’on fait progresser l’égalité des femmes au Canada, cela peut ajouter 0,6 % de croissance annuelle supplémentaire au PIB national. Si nous parvenons à impliquer davantage les femmes dans les heures de travail rémunérées, même 50 minutes de plus un jour par semaine, cela représente environ 150 milliards de dollars sur cinq ans pour notre économie. Si les organisations peuvent faire participer les femmes juste un peu plus chaque semaine, cela aura un impact substantiel sur l’économie et sera essentiel pour contrecarrer les effets de la récession que cette pandémie a sur notre pays.

Le Projet Prospérité comporte-t-il des demandes spécifiques pour le secteur au sens large ? Des choses pour lesquelles vous avez besoin d’aide, des problèmes que vous essayez de résoudre ou des souhaits que vous avez ?

Tout d’abord, nous voulons que tous les secteurs, les organisations gouvernementales et les particuliers reconnaissent et admettent que la pandémie a eu un impact disproportionné sur les femmes, et que cet impact va faire reculer les progrès déjà limités qui ont été réalisés en termes de promotion de l’égalité des sexes au Canada. Les femmes gagnent de 75 à 85 % pour chaque dollar que les hommes gagnent. Nous devons absolument combler cet écart salarial et cet écart entre les sexes.

Ensuite, nous voulons que l’on reconnaisse que chaque organisation et chaque personne peut prendre des mesures pour remédier à ces inégalités. Nous avons des demandes spécifiques pour le gouvernement et les entreprises privées. Pour le gouvernement, nous demandons spécifiquement des plans de retour à l’école afin de rouvrir les écoles primaires en toute sécurité dès que possible. Tant que les écoles primaires resteront fermées, plusieurs femmes ne pourront pas retourner au travail. Cela crée une pression incroyable pour les femmes, qui essaient de performer au travail tout en s’occupant de leurs enfants et en les aidant dans leur travail scolaire. Nous avons également besoin d’un programme national de garde d’enfants abordable. Le Canada n’en a pas, contrairement à la plupart des pays industrialisés. Au Québec, toutefois, une politique familiale a été introduite en 1997 et a permis d’augmenter la participation des femmes au marché du travail du Québec à environ 81 % en 2016, contre seulement 75 % en Ontario. Il est prouvé que les bons programmes de garde d’enfants profitent aux femmes et aux familles, et que les bénéficies surpassent nettement les coûts. Nous voulons également que le gouvernement réglemente la protection des travailleurs de première ligne. Nous avons eu tellement de travailleurs de la santé qui ont déposé des demandes d’indemnisation pour accident du travail liées à la COVID, et la majorité d’entre elles sont déposées par des femmes. Nous demandons donc au gouvernement d’assurer la sécurité et la protection des femmes au travail.

Il y a tant de choses que les entreprises canadiennes peuvent faire, de mesures volontaires qu’elles peuvent mettre en place. Nous souhaitons que les entreprises commencent à fixer des taux de représentation des femmes au sein de leur main-d’œuvre en fonction des niveaux et objectifs antérieurs à la COVID. Nous voulons aussi mesurer et récompenser les entreprises et les sociétés qui atteignent ces objectifs. Cela signifie que vous devez examiner votre organisation et suivre ce qui se passe depuis votre point de départ. Définissez des politiques visant à atténuer les préjugés sexistes et qui visent réellement limiter l’impact disproportionné que la pandémie a eu sur la participation des femmes au marché du travail. Les femmes doivent être représentées – elles représentent la moitié de notre population.

Nous devons nous rappeler que, lorsque nous élaborons des plans de retour au travail, nous devons tenir compte des différences entre les sexes. Le retour au travail doit être équitable pour les hommes et les femmes. Qui va revenir au travail, qui reste à la maison et subvient aux besoins de la famille et comment garantir un équilibre ?

Nous reconnaissons que nous devons approfondir et élargir le réservoir de talents par le développement des compétences. Le mérite et la diversité ne s’excluent pas mutuellement. Il existe un préjugé inconscient dans la manière dont les femmes sont recrutées, promues et bénéficient de possibilités de formation. Les femmes, et en particulier les femmes de couleur, ont moins de chances d’être traitées de façon équitable et égalitaire en termes de promotion et de rémunération basées sur la performance. Nous devons donc tenir compte des différences entre les sexes et de la diversité lorsque nous envisageons de recruter et d’approfondir les talents dans nos organisations. Lorsque amenons les femmes à réussir, nous prospérons tous. Si nous pouvons pousser le gouvernement et les entreprises à prendre certaines de ces mesures, non seulement nous nous remettrons de la pandémie, mais nous progresserons et nous arrivons à créer ce pays équitable auquel nous aspirons.

Quel est l’enjeu si nous ne parvenons pas à résoudre ce problème ?

Si nous n’arrivons pas à comprendre cela, nous allons assister à une réduction de la participation démocratique au Canada, ainsi qu’à des pertes économiques. Si nous ne parvenons pas à permettre aux femmes de retourner au travail, il n’y a aucune chance que nous puissions revenir aux niveaux de PIB antérieurs, et encore moins le voir augmenter. C’est absolument essentiel. Nous savons que lorsque nous avons un équilibre entre les hommes et les femmes, ainsi qu’une diversité au sein des organisations qui prennent les décisions pour notre pays ou sur le marché, nous obtenons de meilleurs résultats. Ce qui est en jeu, c’est l’atteinte d’un véritable pays démocratique où nous soutenons les individus, où ils sont représentés et où nous créons un avenir durable.

Pour les personnes qui cherchent à s’engager avec vous, comment peuvent-elles s’impliquer ? Qui peuvent-ils contacter ?

Nous aimerions que les gens s’impliquent en se portant volontaires pour les initiatives et les études qui sont menées. Nous avons reçu une belle réponse de la part des gens de partout au pays, et nous voulons tirer parti de cet engagement. Notre seul critère de participation est de partager notre passion pour l’atténuation de l’impact disproportionné de la COVID-19 sur les femmes, et qu’ils aident à appliquer cette optique inclusive à notre travail. Nous sommes reconnaissants de toute forme de soutien de la part des individus et des organisations. Nous avons tous un rôle à jouer et nous vous encourageons à visiter notre site web et à suivre nos canaux sociaux (Twitter, LinkedIn).

Le Projet Prospérité™ est une nouvelle organisation à but non lucratif qui a été fondée dans le but de trouver des solutions pour atténuer l’impact de la pandémie de la COVID-19 sur les femmes canadiennes, qui ont été touchées de manière disproportionnée. Ce projet d’envergure pancanadienne répond à un besoin important de lier explicitement les femmes à la prospérité, en soulignant l’importance économique de l’égalité des sexes pendant les périodes de pré-reprise, de reprise et de post-reprise économique de la pandémie de la COVID-19.

 

Nous vivons un moment sans précédent pour la démocratie au Canada. Nous avons donc créé Sector Spotlight pour découvrir comment les principaux acteurs y réagissent. Nous espérons ainsi soutenir le partage des connaissances et susciter de nouvelles connexions en dressant le portrait d’un large éventail d’initiatives de partout au pays. Vous avez des idées pour notre prochain Sector Spotlight? Contactez-nous!